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Critique de l'Album - Chronique du DisqueRésumé : Miossec - L'Etreinte. Critique de l'Album, chronique du Disque. MIOSSEC L’Etreinte PIAS Certains chanteurs ont la taille patron, c’est un fait. Certains artistes n’ont pas besoin de faire le tour des stades en panoplie de bouffon pour gagner leurs galons de ...
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On retrouve un Christophe Miossec plus en forme que jamais avec son sixième et meilleur album l' ”Etreinte” sorti à l'automne dernier. Il s'affirme comme une des plus grandes plumes françaises actuelles. Après deux concerts donné à Brest, sa ville natale en prélude de sa tournée, ce bruxellois d'adoption était de passage à La Cigale pour un seul soir le 3 décembre. Miossec cultive avec talent la chanson de coeur qu'on écoute sans modération pour des ivresses...
Dès les premiers instants de ce concert, Christophe Miossec fédère le public. Pas de difficultés là dedans... Une entrée dans la stridence de son single massivement diffusé sur les ondes « La Facture d'électricité ». C'est toute foule d'admirateurs parisiens qui s'est empressée de remplir La Cigale ce dimanche 3 décembre 2006. D'entrée de jeu, l'énergie électrique se mêle à l'émotion ! Timide et sincère, Miossec perpétue les meilleures traditions en chanson française tout en gardant en ligne de mire ce croisement entre chanson et rock. Amoureux de la mélancolie comme de la vie, il narre ses histoires avec un réalisme et une poésie qui ne connaissent pas d'égal. Qu'elles rebondissent sur des guitares précises et saillantes ou se blotissent contre un clavier effleuré par l'esprit de Tom Waits, les chansons réalistes profondes de Miossec explorent l'amour, dans les rues de ” Brest ”, ou sur les routes des ruptures ( ”Je m'en vais”). C'est un Miossec siroptant des bouteilles d'eaux qu'on retrouve après une pause. Une pause nécessaire pour l'écriture de son album « L'Etreinte » paru en septembre dernier et immédiatement adopté. Il faut dire que ce sixième album est d'après Miossec lui même ”le meilleur album” qu'il ait composé. A la scène les versions sont excellentes, notamment ” Que devient ton poing quand tu tends les doigts ?” et ” Quand je fais la chose ”. Deux des choristes et le leader du groupe belge Zita Zwoon, Stephen Kamil Carlens ( ex membre de dEUS ) qui assure les premières parties de Miossec rejoignent la scène pour une version superbe de ” La Mélancolie ”. Déjà présent sur le dernier album, Stephen prête quelques notes de sa voix aérienne. L'heure et demie de concert s'est écoulée bien vite... L'”Etreinte” se resserre sur l'intime ”Brûle” au dernier rappel très attendu du public. Sa timidité l'emporte sur sa voix rugueuse jusqu'à lui faire perdre les mots sur cette version épurée instrulement.” Brûle ” reste une des plus belles chansons jamais écrites....
Miossec et les siens ont offert un concert où la chanson resplendit à chaque instant. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'assister à La Cigale, Miossec repassera le 23 mars prochain à l'Olympia. Dès janvier, il entamme une longue tournée française.
Emmanuelle Libert le 27/01/2007 ![]() Le patron est de retour avec « L’étreinte » absolue. Alors on aiguise de bonnes questions pour avoir de longues réponses mais sachez qu’on ne fait pas une interview avec Christophe Miossec. On fait tout au plus et avec les moyens du bord, durer une conversation. Ne croyez jamais savoir le cerner car pour l’avoir rencontré plusieurs fois, ce pirate est plus glissant qu’une anguille. Le pire serait sûrement de le féliciter, car là d’une pirouette, d’un bond sur le coté, il irait très vite se blottir dans l’auto-dénigrement. C’est un vrai filou, un marin revenu au port qui ne s’éternise pas dans les mots stupides. N’allait pas croire qu’il soit prétentieux ou même dépourvu d’intérêts pour la chose, non mais sûrement que pour lui à quoi bon se vendre quand on connaît la valeur du produit ?
Alors comme ça il faut retaper les engrenages et se faire opérer du genou ?
Miossec : «Hé oui m’sieur, c’est une réparation mécanique… On se fait vieux vous savez ! mais remarquez tant que c’est qu’une question de mécanique je suis plutôt content.(rire)»
La première fois que je vous avez eu au téléphone, j’avais fait un parallèle entre vous et Paul Léautaud, ici je serais enclin à vous comparer à Bret Eston Ellis et son ‘Lunar Park’ ?
Miossec : «Merde j’ai arrêté de le lire depuis longtemps ! C’est marrant d’ailleurs que je me sois décroché de ce mec. J’espère qu’il a bien vieilli lui aussi ?»
En fait, il fait un véritable mea-culpa de ses précédents bouquins sur ce dernier et je pensais que sur « L’Etreinte » c’était aussi votre cas ?
Miossec : «Je ne suis pas suffisamment intelligent pour ça (rire). Mais non sincèrement je pense que si j’aime bien ce boulot là, c’est que la première évidence en tout cas pour moi, ce n’est pas de reprendre les vieilles recettes. Qu’elles aient marché ou pas d’ailleurs.»
Avec « 1964 », le musicien avait pris le pas sur l’écrivain et c’était nouveau, sur « L’étreinte » c’est une sorte d’égalité parfaite entre l’un et l’autre ?
Miossec : «Il était temps qu’avec « 1964 » le musicien prenne le pas sur l’écrivain (rire), mais pour le dernier j’ai tellement le nez dedans que je pourrais pas dire. Ou alors je vais vous dire plein de conneries et quand je vais me relire d’ici quelques années, je vais me prendre pour un fou ! (rire)»
En fait il ne faut pas faire d’interview ?
Miossec : «Si, si ! c’est thérapeutique.»
C’est pour ça que vous habitez à coté d’un hôpital psychiatrique ?
Miossec : «Oui ça a sur moi une très bonne influence !»
La « mini Tournée Bretonne » de 2005 a beaucoup participé au retour aux sources de Miossec sur « L’étreinte » ?
Miossec : «Pas tant que ça… on s’est bien marré en tout cas. Le fait de jouer dans des salles de copains, jouer à Ouessant aussi. C’était une grande excuse en fait, ce qui était chiant c’est que les gens venaient aux concerts en ayant l’impression que cela allait être un concert normal, classique alors que nous étions juste guitare-piano. C’était plus une récréation…»
Ils ont quand même du le comprendre les gens ?
Miossec : «Des fois non, apparemment il est indispensable de surligner les choses (rire).»
Vous avez aussi surligné la première partie des Libertines non ?
Miossec : «C’était à péter de rire car nous n’étions pas annoncés. On a été programmé au dernier moment, ce concert fêtait les 10 ans de la boite de disque PIAS, il était complet deux mois à l’avance entièrement acquis à la cause de Doherty et sa bande, et du coup c’était drôle. Là c’était vraiment du sport !»
Et se retrouver en première partie ce n’est plus courant pour vous ?
Miossec : «Ho ce n’est même pas ça. Ce qui était marrant c’est que le public n’en avait rien à foutre de Miossec (rire). C’était assez combatif. Un vrai combat de rue. Je sais pas qui a gagné, franchement ça aurait pu être une catastrophe mais on s’en est pas mal sorti. Par contre je pense que l’on a jamais joué autant à fond !»
C’est bizarre d’avoir choisi « La Facture d’Electricité » comme premier single ?
Miossec : «C’est pas moi qui l’ait choisie, on m’a dit que c’était le morceau le plus facile.»
Il est pas tout à fait représentatif de l’album ?
Miossec : «Du coup les gens se font avoir ! (rire) ils écoutent le single en pensant que tout l’album est dans le même registre. C’est une sorte d’attrape couillon pour radio FM et ça a super bien marché (rire).»
Par contre dans le passé, pour cette chanson, vous auriez fait rimer chômage avec mirage ou fromage alors que là tout est dans le non-dit, c’était le sujet qui imposait la pudeur ou alors vous vouliez bousculer votre style ?
Miossec : «Je voulais aller au plus simple possible. Faire quelque chose de plat. Que je ne joue pas avec les petites techniques stylistiques que j’emploie trop parfois. Du coup la mélodie contrebalance bien et ça donne un drôle d’objet.»
Ensuite on rentre dans le vif du sujet avec une chanson pour votre Maman où vous expliquez vos fautes ?
Miossec : «Oh c’est pas ma maman en particulier car je ne pense pas être tout seul dans ce cas de figure.»
On ne voit pas Miossec dire le mot «Maman » dans une chanson?
Miossec : «Justement, c’est tellement casse-couillon comme mot qu’on a qu’une envie c’est de l’utiliser ! L’inconvénient c’est que l’on peut n’en faire qu’une il est pas envisageable de se planter. Impossible de répéter le sujet 6 ou 7 fois sur un disque.»
Il ne faut pas non plus que ça devienne « Les Roses Blanches » ?
Miossec : «Pourtant c’était ça l’idée de départ ! C’était Berthe Sylva qui chantait cette chanson. Nick Cave à coté c’est le Muppet Show ! Elle est terrifiante, je voulais la reprendre mais elle était trop lourde, c’est effrayant de chanter ça !(rire)»
C’est de la chanson populaire un peu plombante ?
Miossec : «Un peu ? c’est un euphémisme monsieur. C’est du dark complet !»
Est ce que ça vous arrive d’envoyer des messages personnels dans vos chansons ?
Miossec : «Non…»
« Le Loup Dans la Bergerie » par exemple ce n’est pas un message perso ?
Miossec : «C’est un message qui aurait pu l’être par le passé mais qui n’a plus d’actualité maintenant.»
Dans « 30 ans » vous avez enregistré une introduction et une conclusion étonnante ?
Miossec : «Ce sont les canettes de bières qui claquent dans le studio, je trouvais ça rigolo. Ho vous savez on était surtout là pour se marrer. Ce titre a été fait avec très peu de moyen. »
Cette chanson vous fait passer du stade de jeune con qui veut tout brûler à celui de vieux con qui se retourne sur une époque révolue, comment se passe la transition ?
Miossec : «Les gens la comprennent mal: c’est pas du tout un mec de 30 ans qui parle à un mec de 30 ans. C’est une chanson assez moraliste donc très chiante (rire). Le compositeur du titre c’est Gérard Jouannest et il en a 70 donc je pense qu’on pouvait y aller à fond dans le cliché. Je vous assure que pour passer pour un gros con y a pas mieux mais vous savez que cela ne me gène pas du tout .»
Gérard Jouannest qui vient sur votre album « c’est cadeau » ?
Miossec : «Ce n’est pas un cadeau mais une rencontre. Quand j’ai travaillé avec Greco j’ai sympathisé avec Gérard et depuis ça continue.»
Vous aviez souvent fait des albums en formation restreinte, ici quand je regarde le nombres de participants, vous avez ouvert votre studio à un nombre impressionnant de participants ?
Miossec : «Y a qu’un français dans la bande et c’est moi ! Quand j’ai vu le nombre de personnes créditées je me suis dis « putain tout ça pour ça » (rire).»
Ce qui est bizarre avec vous, c’est que tout le monde vous aime, mais vous ne semblez pas vous aimer ni aimer véritablement vos albums ?
Miossec : «C’est plus compliqué que ça. L’intérêt d’un disque c’est de bien se marrer et d’être bien accompagné humainement.»
Si votre album était critiqué en mal cela vous ferait plaisir ?
Miossec : «Sur ce disque là c’était impressionnant, j’étais limite déçu parce qu’une mauvaise critique ça vous donne la pêche ou un sentiment de révolte…. Enfin ça fait réfléchir…»
Malheureusement pour vous il n’a reçu que de bonnes critiques ?
Miossec : «Sur celui là oui, mais j’ai eu un passé tumultueux qui me permet d’emmagasiner quelques remises en question pour l’avenir.»
Bon allez : finalement vous êtes content de l’accueil du disque par les critiques ?
Miossec : «Mais bien sur ! il y a une vraie vanité chez moi.»
C’est la même vanité qui vous fait monter sur scène ?
Miossec : «Je dirais plutôt l’inconscience. Tout du moins au départ.»
Vous venez en concert avec Zita-Swoon, qu’est ce qu’on peut attendre sur scène ?
Miossec : «C’est une super bande ces belges ! et ce ne sera pas une première partie pour les laisser jouer 25 minutes avec 3 lumières, ce sera un vrai concert. On va essayer de faire du bordel. Je sais que c’est suicidaire de partir avec Zita en première partie. L’avantage c’est qu’en France il sont pas encore bien connus. Je pense qu’après le concert les gens iront acheter un disque de Zita-Swoon plutôt qu’un disque de Miossec ! (rire)»
Quand j’écoute « L’étreinte » je ne vois aucune trace d’alcool et même une lecture de l’ancien testament, alors Miossec serait il en pleine rédemption ?
Miossec : «Pas en rédemption mais j’arrête les grosses conneries. J’ai envie d’avoir une vie calme. Je n’ai pas dit pour autant que la sagesse venait m’assaillir depuis mes 40 ans… remarquez j’aimerais bien mais bon ce sera pour la prochaine fois.»
« La mélancolie c’est communiste » et Ségolène Royal c’est quoi ?
Miossec : «Je suis à fond derrière elle ! Je… après Le Pen au second tour il est plus possible de tergiverser. De toute manière, la compétence cela n’a jamais été un problème pour devenir président de la république. On le voit d’ailleurs maintenant. La dissolution en 1997 ça c’est de la compétence»
Qu’est ce qui vous touche sur les tableaux de Paul Bloas ?
Miossec : «Je le connais depuis tellement longtemps. Il fait vraiment de très belles choses. Il faut voir ça en grand : il fait des trucs de 3 mètres sur 2 en laissant tout se détériorer.»
Le travail qu’il a fait sur vous sera t’il exposé ?
Miossec : «Il l’ est actuellement sur Brest.»
Vous pensez qu’elle va tourner dans toute la France ?
Miossec : «Ca c’est pas mes oignons, chacun son truc mon ami (rire).»
Qu’est ce qui vous prend de faire une chanson pour Florent Pagny, c’est votre « Liberté de Penser » à vous ?
Miossec : «Complètement ! En plus elle est bien ! (rire) Moi j’étais pas au courant j’ai découvert ça à la radio… j’ai eu vachement les jetons parce que je la trouvais vraiment classe!»
Personnellement je vous préfère avec Polar : que pensez vous de son disque terminé ?
Miossec : «Là c’est plus naturel. Je l’ai pas rencontré Pagny, alors qu’Eric Polar on a vraiment passé du temps ensemble.»
Je lui avais demandé si vous aviez piqué des livres dans la bibliothèque de la maison où vous étiez enfermé avec lui ?
Miossec : «C’est pas le genre de la maison ! Attendez il y avait pourtant des choses incroyables mais quand vous êtes invité dans des endroits comme ça, vous restez respectueux.»
Vous avez déclaré que Cali c’était « l’avenir de la chanson française » et vous ?
Miossec : «J’ai jamais dit ça comme ça mais on s’en fout… quand à moi c’est pas à moi de m’auto-définir. Enfin je pense qu’avec Dominique A, on a permis de faire de la chanson sans que ce soit de la grosse variété.»
Bon à chaque fois que je vous rencontre je vous pose la question, donc j’ai déjà la réponse mais je réitère quand même : à quand un DVD Live ?
Miossec : «Jamais ! (rire) Ca ne m’intéresse pas. Ca me fait vraiment chier. Il faudrait ou bien le sortir franc jeu : brut mais tous ces DVD ou ces disques sont retravaillés cela ne m’intéresse pas. Et c’est bien d’avoir des souvenirs sans se passer ça à la télé.»
J’ai vu que PIAS Belgique avait fait un site sur vous ?
Miossec : «M’en fou royal. Je vais pas commencer la journée à taper mon nom sur un moteur de rechercher et voir ce que les gens pensent de moi. C’est horrible ! J’ai des collègues qui y passent leur temps, mais moi j’ai pas envie de dialoguer. Je veux pas être le centre du monde de ma journée. Je ne vais pas me faire une page sur MySpace : vous savez j’ai pas envie d’avoir des amis (rire), putain c’est horrible de dire ça à la réflexion !»
Après la tournée que comptez vous faire ?
Miossec : «Des voyages !»
J’avais l’impression que l’Afrique vous intéressait ?
Miossec : «Plutôt Madagascar en fait, enfin c’est l’Afrique mais…»
Je ne vous vois pas du tout dans le rêve américain comme type?
Miossec : «Ho non ! pas envie ! j’aime bien New-York par contre.»
Vous allez essayer de donner des concerts à l’étranger ?
Miossec : «On va essayer de bouger notre cul l’année prochaine. C’est quelque chose de prévu. Faire de la musique en voyageant ça sert à se sentir moins couillon de touriste.»
Pierre Derensy le 24/11/2006 ![]() MIOSSEC
L’Etreinte
PIAS
Certains chanteurs ont la taille patron, c’est un fait. Certains artistes n’ont pas besoin de faire le tour des stades en panoplie de bouffon pour gagner leurs galons de téméraire et de roque ébréché par la vie. Certains singent une attitude de révolté et c’est très bien, car d’autres et c’est le cas de celui dont je parle, n’ont plus aucune envie de maquiller la réalité.
Miossec est donc ce fameux gaillard dépassant aujourd’hui la quarantaine, qui après avoir fêté dignement avec « 1964 » son passage chez les quadra revient pour une « Etreinte » admirable qui zigzag entre la fureur et la douceur. Christophe Miossec est, fut serait plus juste, victime du premier album intouchable. Il lui fallut donc attendre 4 essais tous de bonne facture mais en deçà, pour franchir une hauteur jamais égalée depuis « Boire ». Prenant des risques qu’il faut saluer, c’est dans un climat dépouillé au niveau des textes (jamais il n’avait écrit aussi bien des choses aussi fortes dignes de coups de poignards) qu’il offre son recouvrement artistique. Entouré d’une bande d’audacieux (Jean-Louis Pierot, Les Valentins, Robert Johnson) c’est surtout dans la manière de mettre toutes ses fuites en musique qu’il atteint les sommets. Entre chansons brutes de décoffrage comme «Mes Crimes : le Châtiment » ou « Quand je Fais la Chose » qui mettent des coups de pieds dans la fourmilière c’est par une très belle chanson à sa mère qu’il intitule sobrement « Maman » ou par « La Mélancolie », émouvante et honnête complainte aux démons du chanteur, qu’on s’aperçoit de tout le chemin parcouru et de tout l’humus accumulé qu’il utilise pour faire germer une nouvelle herbe sauvage. Prenant dans ses filets brestois l’auditeur, ses 13 chansons sont toutes inédites dans la forme, même si le fond reste le même : il innove donc tout en restant ce pilier inoxydable malgré le sel des larmes qui coulent du début à la fin de l’album. Du joyau brut (et parfois bourrin) qu’on voyait depuis longtemps en lui, il se fait ici étendre sciemment et consciencieusement pour raconter ses ruptures, ses failles, ses fuites et faiblesses mais d’une manière inattendue. De toute façon peut importe le flacon pourvu que nous ayons l'ivresse. Ce poète sarcastique s’est en plus payé le luxe de demander à Paul Bloas d’illustrer la pochette et le livret, les dessins de l’artiste mettent tellement en valeur l’objet qu’il est indispensable de l’acquérir car l’écrin est aussi captivant que la parure. « On peut parfois toucher au sublime comme on peut partir les pieds devant » dit-il, espérons pour lui que la première option soit la bonne. .
Pierre Derensy le 23/08/2006
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