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On ne peut plus se cacher les yeux : la France et (allons-y sans peur) l’Europe possèdent depuis 2006 leur Patti Smith Group à elles : Mademoiselle K. Un parallèle évident en concert ou sur le DVD qui accompagne ce Live 2009. Célébrité planétaire mise à part, Katerine Gierak (chant, guitare), Pierre-Antoine Combard (guitare), Pierre Louis Basset (basse) et David Boutherre (batterie) ont peu à envier aux légendaires Patti Smith, Lenny Kaye (guitare), Ivan Kral (basse) et Jay Dee Daugherty (batterie)… Quelques points communs entre les deux groupes sont particulièrement perceptibles sur ce live et son DVD, remarquablement produits : le flegme affectueux des musiciens face aux déchaînements de la nana au micro, la recherche de la transe collective et les monologues poétiques d’avant chanson, comme dans « Pas Des Carrés », par exemple.
Ce CD, enregistré les 16, 17 et 18 mars 2009 à l’Alhambra de Paris, est particulièrement empli de bruit, de fureur et de chaleur (se repasser la reprise à la guitare, au bout de 5’, du très beau « Final » (14’), puis les mots naïfs de K sur fond de mur du son : « Est-ce que ça vous a plu ? Est-ce que vous reviendrez ? »).
L’affaire K commence par une teigneuse version de « Crève » (2006), d’abord plutôt calme, puis qui prend conscience des violentes attentes du public et débouche sur un inédit, « K », au départ follement punk avant un relatif apaisement : un morceau d’une moite sensualité. On arrive alors aux tubes : « Ça me vexe », dans une version plus tendue que l’original de 2006 et nettement plus énervée du côté de Pierre Louis Basset ; suit « Jamais La Paix », survolté par rapport à une VO 2008 pourtant pas manchote. À la fin de ces deux morceaux, on sent les spectateurs prêts à prendre d’assaut la scène pour un stage diving collectif...
Mais ce n’est que le début et notre PSG (pour ceux qui ne suivent pas, cela signifie ici Patti Smith Group…) reprend la balle au bond en enchaînant d’impeccables versions d’« Espace » et de « Maman XY ». Retour à l’énergie brute et à la sensibilité à fleur de nerfs avec « Le Cul Entre Deux Chaises » et « Le Vent La Fureur » : la folie instrumentale dope dans cet album tous les tubes, repris en chœur par un public aux anges (ask the angels...). Retour à une apparente quiétude avec « Alors je dessine », version sobre de l’un des plus beaux textes de Katerine : poésie, images et sang au féminin...
Côté beaux textes, on aurait aimé aussi entendre, sur ce live, « Enjoliveur » (2008) ainsi que le hit « Grave » : mais K a préféré les réserver au DVD (inconvénient majeur : on ne peut pas le regarder en voiture, surtout quand on conduit)… Allons, le magnifique « Jalouse », posé en finale de l’album, vient nous réconforter : les chœurs du public soutiennent Katerine dans son blues sentimental… Mademoiselle K a un public de super-fans ultra-fidèles. Un public qui ne demande qu’à s’étendre à l’infini.
Jean-Claude Demari le 18 octobre 2009
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