Interview de We Are Enfant Terrible

Résumé : Découvre l’interview de We Are Enfant Terrible, une interview Rock’n’France publiée le 17-01-2010, ainsi que l’avis des internautes sur celle-ci. A ton tour, laisse un commentaire. Pour t’aider dans ton jugement, tu as la possibilité de découvrir un clip vidéo associé à cette rencontre exclusive avec We Are Enfant Terrible …

Suite à un rendez-vous manqué à la Cave aux Poètes mi-septembre, une nouvelle rencontre est organisée avec les trois sprites pixélisés de We Are Enfant Terrible. Quand sonorités 8-bits, guitares acérées et batterie funky se rejoignent pour notre plus grand plaisir. Nul besoin d’être 7ème dan à Double Dragon pour accrocher à l’univers « electro-rock-vidéoludique-old-school » de nos trois chenapans qui ne sont encore qu’aux premiers de leurs quatre cents coups sonores ! Interview en scrolling horizontal…

Pour commencer, petite présentation des trois chenapans pour les pauvres diables qui ne vous connaissent pas encore ?

Thomas : Ca c’est une question pour Clotilde !

Clotilde : Pas du tout ! Le principe est de se présenter chacun à notre tour… donc tu peux commencer si tu veux pour changer !

Thomas : … donc, je m’appelle Thomas…

Clotilde : Tu t’appelles Thomas comment ?…

Thomas : Je m’appelle Thomas Fourny…

Clotilde : Et qu’est ce que tu fais dans la vie ?…

Thomas : Je fais de la guitare dans We Are Enfant Terrible.

Clotilde : D’accord… moi je suis Clotilde et je chante dans WAET.

Cyril : Et moi je suis batterie et je fais Cyril dans WAET.

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Clotilde : Euh, avec Thomas, à l’école. Une fois j’étais arrivée en retard et du coup, j’avais oublié mon pull. Et là, Thomas est arrivé et il m’a dit : « tiens, tu as oublié ton pull »… et du coup, on est devenu super amis !

Thomas : Exactement ! En fait, elle l’avait oublié dans le bus 34 qui devait la ramener de la piscine. Et c’est là qu’on a rencontré Cyril, en allant chercher son pull dans le bus 34.

Vous aviez tous déjà eu un groupe avant ?

Clotilde : Moi non, personnellement, j’avais un groupe avec moi-même. Je mixais un petit peu, toute seule.

Thomas : Moi je faisais de la pop, après avoir fait du métal. Cyril faisait de la chanson, et après, il a commencé le 8-bits. (Ndla : la discussion embraye alors sur Chorus 50, fameuse chorale de Wavrin, qui, bien qu’ayant une actualité chargée avec ses 30 ans d’existence, nous éloigne un peu du sujet)

Comment vous est venue l’idée de jouer ensemble ?

Cyril : Alors ça, c’est Thomas qui répond parce que c’est lui qui nous a forcé !

Clotilde : Ouais, nous on voulait pas au départ, c’est lui qui nous a obligé !

Thomas : A l’origine, on faisait des morceaux depuis un an ou deux avec Clo (Ndla : 6 mois selon Clotilde).

Clotilde : En fait, on avait commencé des petits bouts de trucs qu’on faisait dans notre chambre, et on s’envoyait les fichiers en se disant : « tiens, moi j’ai fait ça, fais de la guitare dessus…etc », mais ça n’avait pas vocation à sortir de là. C’était pas très fini, abouti.

Thomas : Ensuite on a rencontré Cyril qui savait faire du 8-bit avec son logiciel, sur son ordinateur. L’idée est venue de prendre Cyril avec son savoir-faire de « 8-bititien » et de batteur, et puis de l’intégrer dans le groupe pour re-bidouiller les morceaux qu’on avait fait avec Clotilde et leurs donner la couleur qu’ils ont maintenant.

Et les premiers morceaux de WAET étaient nés ?

Thomas : C’est ça ! On était content en re-écoutant car on avait l’impression d’ avoir rarement entendu ça !

Justement, comment définiriez-vous WAET ?

Clotilde : Euh… les gens disent « 8-bits-electro-pop », un truc comme ça.

Cyril : Oui c’est ça… « electro-pop-rock-8-bit-funk-punk » …

Thomas : … core !

Cyril : Ouais, « core » c’est bien à la fin !

Thomas : Ouais, avec « core » c’est toujours mieux !

D’ailleurs, sur scène, votre son est plus « hardcore », enfin plus rock’n’roll. On a le sentiment que les guitares prennent le pas sur les consoles. Y-a-t-il une volonté de sonner un peu plus rock et un peu moins électro ?

Clotilde : Disons qu’on essaye de ne pas baser tous nos morceaux sur le 8-bits, ce qui est un peu le cas pour le moment.

Thomas : Pas complètement, on a déjà quelques morceaux ou il n’y a pas de 8-bits…

Clotilde : Mais c’est quand même la base du truc, le mélange d’instruments rock avec du son de jeux vidéos.

Thomas : C’est le point de départ de nos recherches sonores.

Clotilde : Mais on est fermé à rien et ouvert à tout !

Thomas : On peut imaginer éventuellement utiliser des chaises, des klaxons, ou des roues de vélos…

Clotilde : des chaises c’est chaud quand même !

Thomas : Enfin pour revenir au mélange dont on parlait, rock et 8-bits, c’est le prisme par lequel on entre dans nos recherches. Après ça peut aller vers d’autres consoles de jeux ou plus de guitare ou utiliser d’autres sons… utiliser des consoles plus récentes pourquoi pas. Encore que je ne suis pas trop fan de leurs sonorités !

Cyril : Ouais, moi la Megadrive je peux pas !

Thomas : Tu as raison ! Moi après la NES, j’ai décroché… musicalement en tout cas !

Et donc votre premier concert , en ouverture de Peaches, est arrivé très vite. Vous répétiez depuis combien de temps ?

Cyril : On a commencé à répéter en mai, et le concert tombait le 18 octobre. On devait jouer le 22 juin au Sonic, mais il a brûlé ! Au départ on s’était dit : « on se fait un petit concert dans un petit club pour se rôder… »

Thomas : Histoire de ne pas se taper une scène de 1500 personnes pour commencer !

Clotilde : Et bien finalement c’est ce qu’y est arrivé ! En même temps on ne pouvait pas refuser ! Mais on flippait !

Thomas : Et on ne leur a pas dit que c’était notre premier concert sinon ils ne nous laissaient pas jouer. On y a été un peu au bluff ! Et ça s’est très bien passé.

Clotilde : On avait 5 ou 6 morceaux. Ca a du être court mais nous ça nous a paru long !

Et depuis vous avez enchaîné beaucoup de dates en peu de temps ?

Clotilde : On a du en faire une soixantaine dans l’année.

Dont une mini-tournée en Chine ?

Cyril : Ouais, c’est pas là où on trouve les meilleurs salles, mais on s’est bien marré !

Clotilde : Moi ce que j’ai retenu surtout, c’est que Cyril pouvait dormir n’importe où dans n’importe quelle position !

Cyril : Mais ce qu’on a apprit de ces concerts, c’est qu’il faut se donner tout le temps à fond…

Thomas : T’as raison, et il faut jouer collectif, il faut donner le ballon…

Clotilde : Ouais, marquage à la culotte…

Thomas : … Et cacahuète dans la lucarne !

Pendant cette première année de vie de WAET, émaillées de tant de concerts, avez-vous trouvé le temps de composer ?

Clotilde : en fait, pas beaucoup. On a plus de temps maintenant justement. On travaillait tous aussi beaucoup à coté, donc on avait juste le temps de faire des concerts et on n’a pas beaucoup répété.

Cyril : Si, on a pas mal composé en fait, mais rien finalisé. On compose pas mal sur Gameboy, enfin, sur Nintendo DS et on a pas mal de trucs en cours. Donc en ce moment on a le temps de bosser sur ces morceaux là, on les joue ensemble.

Clotilde : On les fignole, on les travaille bien pour le live. On rajoute une couche de verni.

Le rédac’ chef des Inrocks aurait dit : « WAET va faire à la pop ce que Daft Punk a fait à l’électro ! » Un visionnaire ?

Clotilde : La phrase a été sortie de son contexte ! En fait il a dit « il faut » ! « Il faut qu’un groupe français fasse à la pop ce que Daft Punk a fait à l’électro ». Je pense qu’il souhaite qu’un groupe de pop français se fasse enfin remarquer. Mais il comptait sur nous et sur pleins d’autres groupes j’imagine ! Enfin si ça peut être nous, pourquoi pas…

Cyril : Et sinon moi j’ai un projet solo…

Funky Fingers ?

Cyril : Non ! … Chorus 50 ! Enfin oui c’est Funky Fingers…

Clotilde : Tu l’as vachement bien amené !

Cyril : Et j’ai une interview déjà écrite si tu veux, tu n’as qu’à la copier ! Pour pas t’embêter tu sais (Ndla : délicate attention)! Plus sérieusement, Funky Fingers c’est la partie 8-bits de WAET, moins pop, plus expérimentale, un peu entre la performance et la musique (Ndla : des bonnes vidéos sont disponible sur Internet). Et c’est comme ça que Thomas m’a invité dans son émission TV-web, Attic Addict qui capture des groupes de la région en vidéo. C’est comme ça qu’on s’est rencontré.

Ce qui me permet d’aborder Attic Addict ?

Thomas : Attic Addict me permet de faire passer ici (l’interview se déroule dans le fameux « attic ») un peu tous les musiciens que j’aurais envie d’examiner de plus prêt, et de piocher dedans, pour différent projets… C’est mon laboratoire humain… (Ndla : Thomas imite alors le rire d’une méchante sorcière…)

Pour revenir à WAET, sur scène vous ressemblez à un alliage réussi entre un coté « électro-nerd déjanté » et du rock sauvage et sexy. Il y a dans vos performances beaucoup d’intensité et de sex-appeal, mêlés à une urgence presque punk. Est-ce dû au fait que vous vous soyez retrouvés sur scène très rapidement, avec peu de préparation ?

Clotilde : Oui, justement, je pense que c’est ça ! comme on a pas eu le temps de trop réfléchir, tu sais, se dire : « alors là, faut faire comme ça, etc … », on l’a joué hyper naturel, sans se poser de questions. Et du coup on a peut-être trouvé des places qui nous convenaient, sans s’imposer quoi que ce soit et ça a marché ! Après, plus t’en fait, plus t’es a l’aise, plus tu kiffe, plus t’es à l’aise, etc… ! Alors tu te mets à faire des pirouettes, tu t’amuses et ça se voit !

Cyril : De toutes façons, le principal vient naturellement, après tu fignoles. Mais tu peux pas transformer quelqu’un en bête de scène juste en le posant là avec un micro !

Clotilde : En tous cas, moi personnellement j’avais jamais fait de scène comme ça, en groupe, donc je ne savais pas avant d’essayer ce que ça donnerai… finalement, aujourd’hui j’adore ça ! Même quand parfois avant un concert, ça me fait chier de monter sur scène, parce que je suis fatiguée ou que j’ai moins envie, une fois que le concert commence, tu oublies tout le reste et tu te lâches ! A ce moment là tu te sens bien et ça passe trop vite !

Thomas : … C’est comme se baigner… au début elle est froide, mais une fois que t’es dedans, elle est bonne ! Et là t’as plus envie de sortir !

Est-ce que vous êtes toujours à la recherche d’un label ?

Cyril : On a déjà notre petit label, PIL Records, qui nous convient. Très « do it yourself », sans attaché de presse, tout ça. Mais on a des bonnes conditions. On a la chance d’être ici, à Lezennes, qui est un vivier d’artistes en tous genres. Il y a des vidéastes, des graphistes, etc… beaucoup de potes. Du coup, beaucoup de choses se font sur la base de collaborations. Je pense qu’on n’a vraiment pas à rougir du travail qui est fait. Par contre, ce qu’on ne maîtrise pas bien c’est la com’. Et c’est plutôt dans cette optique là qu’on cherche un label. Mais sans se presser, on est en attente de la bonne personne, la bonne équipe avec qui collaborer. En attendant ici on a notre studio et on est en train d’enregistrer des nouveaux titres qu’on va sortir nous même, d’ici le début de l’année prochaine.

Sous quel format, maxi, album ?

Cyril : Ce sera format EP… pour l’album on attendra qu’il y ai des milliards de personnes en train de crier : « un album ! un album ! » (Ndla : Cyril imite très bien la foule en liesse réclamant un album…)… et là on sortira l’album ! On fonctionnerai plutôt comme le label anglais DC Recordings qui ne sortait que de l’EP avec ses groupes, jusqu’au jour où les gens en ont eu marre et ont réclamé un album. Donc, pour le moment, on est très bien sur le format EP. D’autant plus que c’est un format idéal pour la découverte. Et puis aujourd’hui, à l’ère de la dématérialisation de la musique, les gens écoutent de moins en moins d’albums complets et ont plutôt tendance a écouter telle où telle chanson. Donc l’album, ça se fera quand ça se fera. En tous cas le prochain maxi devrait sortir au premier trimestre 2010.

Vous disiez précédemment ne pas savoir communiquer. Pourtant un buzz s’est très vite crée autour de vous. Comment l’expliquez vous ?

Clotilde : C’est la force des blogs et d’internet. On avait pas forcément fait un plan de com’ très détaillé. On n’a pas eu beaucoup de presse écrite par exemple. Je pense que c’est par la force d’Internet que c’est arrivé et avec un peu de chance aussi. On a tout de suite était très actif sur Internet et sur les réseaux sociaux. On a tout de suite travaillé avec les blogs, en leur filant des morceaux. Et maintenant c’est un peu grâce a eux et Internet qu’on parvient a atteindre la presse écrite…

C’est aussi ce buzz lancé sur internet qui vous a permis de très vite trouver de bonnes dates ?

Cyril : ouais carrément, c’est tout à fait ça…

Que s’est-il passé, il y a des gens, des tourneurs, qui sont tombé sur vos morceaux ?

Cyril : En gros, il y a eu des leaders d’opinion qui ont dit : « ce truc là ça le fait ! ». Et ensuite des tourneurs nous ont appelé… et ça c’est fait hyper rapidement. En fin d’année 2008, on avait des tourneurs assez réputés au niveau européen, comme le tourneur de Radiohead, entre autres, qui se sont penchés sur notre cas. Ils nous ont appelé : « allô, ça vous intéresse de travailler avec nous ? » et là, on a dit : « ben… ouais !! »

Clotilde : Et pour le coup, je pense que c’est aussi l’état de l’industrie actuelle qui fait ça : les disques se vendent mal mais le live fonctionne bien. Donc les tourneurs recherchent beaucoup de groupes. Mais à l’inverse, les labels signent peu de groupes. Les gens téléchargent beaucoup mais vont toujours voir des concerts, peut-être plus qu’avant.

Cyril : Après, on a l’intime conviction que si tu fais de la bonne musique, avec le petit réseau de départ, tu n’as pas besoin d’attaché de presse ou je ne sais quoi. Il suffit d’avoir un site et deux, trois mecs qui font tourner tes morceaux. Ca diffuse tellement vite que si ce que tu fais est bon, les connections se font d’elles mêmes ! Et j’ai envie de te dire que si ça ne part pas, c’est que c’est pas assez bon. C’est un point de vue mais c’est aussi une réalité… c’est à dire que tu as des maisons de disques qui mettent des budgets de fou et qui se pètent les dents ! Moi ça me fait sourire parce qu’il y a une forme de vérité qui se révèle sur la musique en ce moment : c’est que plus que jamais, les mecs vont nous balancer du Star Ac’ et ça marchera pas autant. Ils sont en train de se rendre compte que faire des projets moyens parce que c’est « le fils de… », ça ne marche plus. Une des raisons à ça, c’est qu’aujourd’hui avec Internet, les gens commencent à choisir, alors qu’avec la télé, ils ne choisissaient pas. Là, on est en pleine révolution, on est en plein dedans, et c’est quelque chose d’hyper positif je pense. Sauf pour les maisons de disques qui sont incapables de s’adapter. Il n’y a vraiment qu’elles que ça fait flipper. Mais c’est pourtant normal, si tu sort de la merde, t’as beau avoir un attaché de presse monstrueux qui va te faire passer au 20H, au final ça ne sauvera pas le truc… et c’est tant mieux !

J’ai remarqué qu’un de vos morceaux était intitulé Wanda. Un hommage à Lio ?

Cyril : Oui, clairement !

Clotilde : C’est drôle que tu en parles parce que c’était bien marrant cette histoire !

Thomas : Il se trouve qu’à l’origine c’était un titre écrit pour Lio. Je la connaissais par un certain biais. Et puis le titre n’a pas été retenu ou a été perdu dans la nature, un truc comme ça. Mais les paroles n’ont rien à voir avec elle !

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