Interview de eLZed

eLZed est l’une des bonnes surprises en cette année 2010.

Il n’est donc pas étonnant de retrouver Edouard, bassiste et chanteur du groupe eLZed, pour une interview afin d’en savoir encore un peu plus sur ce groupe généreux et étonnant.

Déjà pour commencer pourquoi ce nom Elzed qui s’écrit d’ailleurs d’une certaine manière ?

Edouard : Tu veux la version Hard Core ou la vraie version ? Si je te donne la version Core, je vais me faire engueuler par Margritt… Plus sérieusement, c’est un accident. Quand le groupe s’est formé, on a décidé de s’installer à la SMAc les Abattoirs de Bourgoin pour répéter. Locaux insonorisés, matos de qualité, technicien d’accueil, prix imbattables, la classe quoi ! Lors de notre réunion avec Christian, l’ancien régisseur des studios, il nous a demandé un nom pour résever les créneaux de répèt’… On s’est trouvé cons… Il nous a demandé un nom de groupe qu’on aimait, et Golgoth, toujours impétueux, a braillé Led Zep… Christian a inscrit LZ sur le planning. Quand six mois plus tard on a fait notre première scène au Millenium de l’Isle d’Abeau, le programmateur m’appellepour me demander le nom du groupe… Un peu pris de court, je lui ai dit eLZed… Avec un grand L et un grand Z, et les autres lettres en petit… C’est tout concon comme histoire, non ?

Le groupe dégage une musique très rock dans son ensemble mais aussi très festive. Est ce que ce choix artistique s’est imposé dès le début de l’aventure ?

Edouard : Vu nos influences communes, le rock s’est imposé d’emblée. La volonté d’avoir deux grattes, une basse, une batterie, et surtout de donner la part belle aux solos de guitare. Le solo de guitare, c’est gravé dans le rock, et ça a tendance à disparaître. Une volonté rétro donc, clairement assumée, qu’on nous reproche parfois, mais on s’en cogne, on assume. Après, le dealde départ du groupe, c’était composer 10 titres en 6 mois, faire une fête de la musique, et que chacun retourne à ses petites affaires. Du coup, je crois que sans se l’être dit, on avait plus envie de faire dans le festif, dans le pas prise de tête, dans le plaisir de jouer ensemble et s’éclater. C’est après qu’on a mûri le « concept », qu’on l’a intégré, qu’on revendique un « Yellow Rock », un rock ouvert sur le monde, sur la vie… Trop souvent, le rock des deux dernières décennies a été black ou dark, le genre Apocalypse, on va tous mourir, on est malheureux, … Nous, on avait envie d’un rock positif, qui va de l’avant. On préfère le rire au soupir, l’ironie au premier degré.

Peux tu nous parler des musiciens qui t’entourent et de votre rencontre ? On a vraiment l’impression que ce groupe est aussi une histoire d’amitiés……

Edouard : Je fais le beau parce que je répond à l’interview, mais c’est Golgoth qui a monté le groupe enfin de compte. A l’occasion de la fête de la musique 2005, j’avais dépanné un pote à la basse, et emmené avec moi Golgoth, mon petit cousin gratteux. Expérience peu concluante, mais Golgoth voulait qu’on monte un groupe. Rangé de la zik depuis un bon bout de temps, je n’étais pas très chaud. Puis quand quelques mois plus tard il m’a dit que Noisette, un vieux pote de lycée, était dispo et partant, ça a fini de me convaincre. Deux répèt’ plus tard dans ma cuisine à la gratte sèche, et le projet était lancé. L’histoire d’eLZed, c’est ça en fait au départ : trois vieux potes zicos autour de la trentaine, qui n’avaient jamais eu l’occasion de jouer ensemble, qui décident de se donner du plaisir pendant 6 mois… Résultat, quatre ans plus tard, on est toujours là, avec Margritt à la batterie qui nous a rejoint en janvier 2008, après le départ de Jé.

Aux niveaux des influences de chacun, quels artistes ou quels groupes retrouvent t’on ?

Edouard : Je crois que c’est ce qui fait la force du groupe, on a le rock en commun dans sa diversité. Golgoth est plutôt branché rock des seventies, blues, Noisette a une grosse culture métal, Margritt est très pop, et j’ai moi un mauvais penchant pour le punk. Ensuite il y a heureusement des valeurs communes, AC/DC par exemple, Iron Maiden, puis du côté de la France, les Téléphone des premières années, Trust, puis quelques artistes ”à textes” qui nous fédèrent, comme Renaud et Jean Ferrat. Après, des groupes locaux nous ont particulièrement impressionné scéniquement, et on a pioché dans leur énergie, que ce soit Tasmaniac, et surtout MaczDeCarpate. On comprend mal comment ce pur groupe de rock n’a pas tout explosé sur la scène rock frnaçaise …

Alors qui compose, qui écrit au sein du groupe ?

Edouard : Je vais de raconter une anecdote, une de mes plus grandes fiertés. A la fin d’un concert, je me fais aborderpar une charmante femme qui me dit qu’elle a trouvé le concert super, qu’elle adore mon univers, qu’elle le trouve cohérent, pertinent, et bla bla bli, et bla bla bla, … J’ai trouvé ça énorme car il se trouve que l’écriture et la compo sont très partagées dans le groupe. Il n’y a pas un auteur – compositeur, mais tout se croise, tout se mélange, et il n’y a pas de règles, même si chacun à son style. Noisette aime bien livrer des morceaux clés en main, avec Golgoth, on préfère travailler ensemble. De la même manière, le chant étant partagé, ce n’est pas parce que tu as écrit le morceau que tu vas le chanter. Le chanteur s’impose assez vite en répèt’ en fonction du morceau.

Quelle est l’ambition d’Elzed avec son premier album ?

Edouard : Conquérir l’univers !!!!!!!!!! Bah, eLZed, c’est avant tout du live, mais on avait envie de laisser au moins une belle trace de notre aventure musicale. La première ambition a été égoïstement de se faire plaisir en produisant un album qui nous correspondrait le plus, et dont on pourrait être fier. Ensuite, plus modestement, d’avoir un outil de qualité pour pousser l’aventure jaune le plus loin possible, et d’aller défendre cet album sur un maximum de scène !

Y’a sur ce 1eralbum une réelle envie de mélanger les genres avec une certaine cohésion. Comment composez-vous et comment arrivez-vous à passer d’un style à un autre dans une même compo ?

Edouard : La cohésion, elle tient surtout je crois aux sons de gratte. On essaye de faire attention à la complémentarité des jeux très différents de Noisette et Golgoth. Pas toujours facile, mais on essaye, avec l’idée d’une section rythmique présente au service des grattes. Ensuite, ben comme on est plus des perdreaux de première année, et que nos horizons musicaux sont finalement très variés, ben on aime bien passer d’un style à l’autre… intégrer un plan de zouk par exemple, oserune balade à la Scorpions, choisir des arrangements médiévaux ; ou jouerà fond la carte rock en saturant à fond les guitares. Aller du chant posé et mélodique de Golgoth à ma voix, plus braillarde et plus punk. On cherche à apporter cette diversité, pour qu’on ne s’emmerde pas en jouant, et en se disant que si on ne s’emmerde pas, le public ne s’emmerdera pas non plus. Après ce mélange de style et de genre nous dessert parfois, parce qu’on est difficile à mettre dans une case… On a été programmé comme rock festif, alternatif, comme groupe pop, souvent punk, et récemment comme chanson rock. La vérité est sans doute ailleurs, nous la seule étiquette qu’on revendique, c’est l’étiquette rock.

Peux t’on revenir aussi sur l’élaboration de l’album, où il a été élaboré, ….et avec quels moyens ?

Edouard : On a encore une heure devant nous ? A l’occasion d’un concert avec Noisette on avait été abordé par Raf Cartellier, qui avait aimé et nous avait dit que si un jour on faisait un album… Du coup, quand la décision de faire l’album a été prise, on s’est naturellement tourné vers lui. Tous, nous n’avions que peu de pratique du studio, on a donc réalisé une petite pré prod pour trier les morceaux, finaliser les arrangements, avec Christian au sein de la SMAc les Abattoirs, et avec Kik, le gratteux de Tasmaniac. Ensuite, direction le studio Cartellier, à Salaise sur Sanne, pour deux semaines de prise de son, avec Raf, un putain de magicien vaudoo, qui nous a beaucoup supporté et apporté. On a confié le mix à Rooms (ex bassiste de 109) et Dom (bassiste de Mme Olga). Pas mal d’allers – retours entre eux et nous pour arriver à JAUNE OU RIEN ! Big Up à Noisette d’ailleurs, qui a supervisé toute la réalisation artistique du skeud. Ensuite, au niveau tunes, ben c’est de l’auto prod via l’asso ERS. On a beaucoup joué pour gagner des sous, et on s’est mis à sec pour autoproduire l’album. Inch’allah on se remboursera le plus vite possible. Pas facile donc, mais finalement on est fier de ce qu’on a réussi à faire, parce qu’on l’a fait seul.

A quoi ressemble un concert de Elzed ?

Edouard : Chaud comme question. Allez je dirais une bonne dose d’énergie, une bonne dose de son, et surtout une sacrée dose de bonne humeur. On finit les concerts trempés, on est à fond, on essaye de mettre à chaque fois nos tripes, parce que c’est ça qu’on aime. On cherche cette communion avec les gens, on aime ça, et c’est pour ça qu’on adore les caf’ conc’, parce qu’on a les gens dans les yeux, et que le lien peut parfois être très fort, et c’est ça qui est bon ! Sur les grandes scènes, on a intégré une bande d’allumés doux – dingues aux concerts. Ils sont cing et transforment le live en carnaval. Ils vont de costumes en costumes, dansent, sautent dans le public, bref, ça explose de tous les côtés. Yellow Rock, à donf, prise de plaisir max pour donner un max de plaisir. Le plus grand kif pour nous, c’est quand on regarde les photos et les vidéos de concert, et qu’on voit les gens avec le sourire. Là, c’est bon !

L’album à l’odeur du plaisir et de la vie, parce qu’il dégage une réelle joie de vivre. C’est important pour vous de partager cela ?

Edouard : C’est même essentiel. On fait du rock, ça nous éclate, on aime ça. C’est notre vision d’eLZed, l’envie de dire aux gens qui viennent nous écouter : allez, ferme les yeux, oublie, laisse de côté la machine, mets toi en mode ”homme”, et viens partager ton humanité avec nous. Putain, c’est beau ce que je dis, non ? Mais c’est ça l’idée, le partage.

Y’a aussi la présence de textes souvent engagés ou responsables, sur l’écologie notamment. Que penses tu de l’état du monde ?

Edouard : C’est chaud. Je crois que l’idée c’est qu’il faut garder les yeux ouverts sur le monde. Sur ce qu’il peut devenir. Et que cette ”mission” incombe à chacun. C’est le sens de la Révolte, qui ouvre l’album. Pour que les choses changent, il ne suffit pas de le dire, il faut le faire, ou du moins essayer. Avec ”Hérissons”, c’est le même trip, l’idée de prise de conscience, c’est pour ça qu’on a choisi de faire une chanson sur ces bêtes là, une chanson second degré, mais avec l’idée finalement que ces bêtes représentent les victimes des sociétés capitalistes et industrielles. Elles disparaissent, tout le monde les trouve mignonnes, mais en même temps tout le monde s’en fout. Après, on ne veut pas donner de leçons. On vit parmi les sociétés les plus privilégiées de la planète, notre civilisation européenne baise la planète depuis presque 200 ans. Alors, de quoi se plaint t’on ? C’est pour ça qu’on a un peu de mal avec le ”dark”, et les chansons du style ma copine m’a largué je vais me suicider… On a plutôt envie de crier si ta meuft’as quitté en emmenant tes gosses, ben mon pote profite, c’est une renaissance, va promener ton zizi partout !

Pensez-vous déjà à l’après ”Jaune ou Rien” ?

Edouard : On va voir déjà ce que donne le premier, si on arrive à encore aller plus loin… Vers chez nous, ça commence à devenir sympa, vraiment, les gens adhèrent… On va de plus en plus loin se confronterà de nouveaux publics, et là aussi ça le fait… On a commencé à composer de nouveaux titres, une première série moins festive, marquée par notre séjour dans le désert marocain et la découverte de la culture nomade. Ce voyage nous a marqué, humainement. Donc on tarvaille pour une suite, en espérant qu’elle verra le jour …

Merci à toi, je te laisse le mot de la fin :

Edouard : Oki, à tous ceux qui vont me lire jusqu’au bout, un seul message : allez voir de la musique en live ! Il y a des putains de groupes dans toutes les régions de France qui se produisent souvent, tous les styles, dans toutes sortesde salle, mais c’est du spectacle vivant ! Pas une conasse de télé qui radote de la merde dans son coin, ou une radio décérébrée qui vomit les mêmes tubes à longueur d’ondes ! La musique, ça se vit live ! C’est là qu’il y a l’émotion ! Pas mal de petits lieux se bougent le cul, soutenez – les !

Et venez voir eLZed en concert !

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