Découvrir les femmes artisanes du Maroc dans un hôtel à Marrakech

 hôtel à Marrakech

L’artisanat occupe une place importante dans la vie quotidienne et même dans l’économie du Maroc, on s’en rend bien compte en observant la décoration dans un hôtel à Marrakech ou dans une autre ville du royaume. Les femmes occupent une grande place dans l’artisanat du Maroc, toutefois leur implication n’est pas reconnue à sa juste valeur. Le livre « Secrets des femmes artisanes du Maroc » vient changer la donne et accorder à la femme sa réelle valeur dans l’artisanat marocain, en immortalisant le travail de certaines. Continue reading

Petite Musique – Les Cailloux

Résumé : Petite Musique – Les Cailloux. Critique de l’Album. Chronique du Disque. …

C’est un véritable crève cœur pour nous, mais nous nous devons de t’avouer que nous n’avons pas eu l’opportunité d’écouter cet album de Petite Musique, Les Cailloux, tout simplement par manque de temps et d’effectifs au sein de notre rédaction. Nous ne pouvons donc nous permettre d’émettre le moindre jugement à son encontre.

Malgré tout, comme tout album présent sur ce site, nous pensons que celui-ci mérite la plus grande attention de ta part. Ce serait une erreur de le laisser de coté. Petite Musique a sans doute dépensé beaucoup d’énergie et de temps pour le concevoir.

Alors, si jamais la plume te démange, n’hésites pas une seule seconde à laisser un commentaire qui pourra nous aider à mieux appréhender l’essence même de cet opus de Petite Musique …

L’équipe Rock’n’France

Titres de l’Album

1. Les cailloux
2. La vie qui vient
3. En lumière
4. Moi j’ai froid
5. C’est quoi l’amour?
6. Je t’aime adieu
7. Lune idéale
8. Adjectif
9. On veut moins
10. Rubens
11. Les belles heures
12. La chanson des crevards(avec La Gapette)
13. Le feu(avec Fabien Boeuf)

Gush – Everybody’s God

Résumé : Gush – Everybody’s God. Critique de l’Album. Chronique du Disque. Une claque, une véritable claque. Imaginez le batteur fou de Izia, Vincent Polycarpe, se muant en chanteur pop, se trouvant cloné et multiplié par quatre. C’est ainsi que pourrait se résumer la presta …

Une claque, une véritable claque. Imaginez le batteur fou de Izia, Vincent Polycarpe, se muant en chanteur pop, se trouvant cloné et multiplié par quatre. C’est ainsi que pourrait se résumer la prestation du quatuor parisien Gush qu’il m’a été donné de découvrir, il y a peu, sur scène. Formation familiale s’il en est, celle-ci marche au travers d’un premier album, « Everybody’s god » époustouflant, sur les traces d’un rock californien fortement orienté seventies.

 

Qui aura eu l’occasion de découvrir ce premier opus ou mieux encore leur premier EP l’été dernier, tout en ayant une culture minimale du rock d’il y a trente ans, trouvera forcement une filiation entre ces compositions actuelles et les performances d’entant de groupes comme les Eagles pour la couleur de « In the sun », les Beatles et « Remedy » pour les voix, les Rolling Stones et le jeu des guitares sur « Back home » et « No way » ou encore avec l’artiste Stevie Wonder pour le groove funky qui se dégage par moment, « Let’s burn again ».

 

Entre fièvre pop dansante, « You really got style », harmonies gospels, « P.nis » et tentations affectives « Jealousy », la fusion est évidente. Ces Gush là nous enchantent par des titres pop n’ayant rien à envier à leurs illustres prédécesseurs, et ce tous styles confondus. Energie, harmonie, rythmique et inventivité sont autant de termes figurant à merveille le talent de ces jeunes artistes, alors « Dance on » …

Bye bye cellphone

Résumé : Nouvel Album de 1973 – Bye bye cellphone – Découvre la chronique, critique du dernier album de 1973, Bye bye cellphone, ainsi que l’avis des internautes sur celui-ci. Sur cette page, tu as la possibilité d’écouter gratuitement le nouvel album de 1973, Bye bye cellphone, ou de découvrir un clip vidéo associé à celui-ci. A ton tour, laisse un commentaire sur le nouvel album de 1973, Bye bye cellphone …

Une plage de sable fin parcourue par de longues vagues qui flottent et s’évanouissent paisiblement. Une légère brise nous effleure, nous apportant d’un lointain ailleurs une majestueuse mélodie, celle de 1973, dont le premier album, « Bye bye cellphone », est sur le point de prendre son envol.

 

Envoûtantes et reposantes, les compositions de Nicolas, Thibaut et Jérôme s’abreuvent d’influences aussi diverses que celles des Beatles, des Beach Boys ou encore de Prince. Portées par la grâce d’un talent pop incontestable, le combo nous délivrent quelques onze titres d’une beauté intemporelle, planants et mélodiques à la fois.

 

Après quelques écoutes prolongées, le verdict est imparable, tous les titres s’imposent comme des classiques, à l’image des singles « Bye bye cellphone » et « Simple song (for a complicated girl) » mais également des titres comme « Vegas », « September » ou encore « Princes ». La filiation avec les Fab Four est absolument ahurissante. Un album essentiel de l’été 2010 …

Interview de Eli ”Paperboy” Reed

Résumé : Interview de Eli ”Paperboy” Reed réalisée le 02-05-2010.

Eli « Paperboy » Reed était de passage à Paris pour présenter son nouvel album « Come and get it » (dont la sortie est prévue pour le 3 mai 2010). Il a accepté de répondre à mes questions à quelques minutes de monter sur la scène du Nouveau Casino de Paris.

Te voilà de retour avec ton nouvel album. De quoi parle-t-il ?

Eli « Paperboy » Reed : Cet album parle d’amour en général : avoir le cœur brisé, courtiser sa dulcinée, …

J’ai entendu parler d’une édition vinyl. Qu’en va-t-elle être disponible en France ?

EPR : C’est vrai que nous allons sortir une édition vinyl uniquement en Europe, qui sera disponible début mai.

Le titre de l’album est « Come and Get it » (ce qui signifie « obtiens-le »). A qui t’adresses-tu en disant cela ? Plutôt à la gente féminine ou au public en général ?

EPR : A tout le monde ! Il n’y a pas réellement de volonté de transmettre un message avec ce titre d’album. C’est juste le nom d’une chanson, le 1er single de l’album. Ce n’est pas un bon titre? (rires)

Si, bien sûr !… En ce qui concerne la pochette, tu te trouves dans un supermarché, prêt à être acheté…

EPR : J’avais envie de quelque chose d’original. C’est une blague, comme j’ai l’habitude d’en faire.

Ta musique est largement inspirée des chanteurs de soul des années 60. Aujourd’hui, au 21ème siècle, pour quel genre de public fais-tu de la musique ?

EPR : Je ne fais pas de différence entre les gens. Je ne dis pas « cet album n’est pas pour toi ». Ma musique est accessible pour tous ceux qui voudront bien l’écouter et qui comprendront ce que j’ai envie de communiquer. Même quelqu’un qui n’a jamais entendu de musique comme celle là aura peut-être envie de danser en écoutant mes titres.

Parlons de ta jeunesse. Enfant, tu écoutais les vinyls de ton père. Aurais-tu imaginé en arriver là aujourd’hui ?

EPR : Je chantais, mais je n’avais jamais imaginé devenir chanteur. L’idée m’est venue bien plus tard, vers mes 20 ans.

Tu ne pensais pas non plus devenir musicien ?

EPR : Pas du tout.

Et maintenant tu es un chanteur !

EPR : Je pense oui ! (rires)

Quelles sont tes ambitions ?

EPR : J’ai envie de continuer à enregistrer des chansons. Je veux continuer à écrire des textes pour moi ou pour d’autres personnes. Je veux aussi continuer à faire des concerts, même si c’est très éprouvant. Bref, je prends les choses comme elles viennent. Je ne pense pas vraiment au futur.

Sur scène, tes concerts ont la réputation d’être très dynamiques et divertissants. Où trouves-tu cette énergie, cette motivation ?

EPR : La musique que je fais est propice à ce genre de show. Les musiciens (« The True Loves ») ont eux-aussi beaucoup d’énergie. Et puis j’aime être sur scène !

Tu es actuellement en tournée européenne. Tu enchaînes ensuite avec des concerts aux USA. Vois-tu une différence entre le public américain et européen ?

EPR : En fait, ce n’est pas tant l’origine du public qui est différente, mais plutôt les lieux. Il n’y a pas véritablement de public américain et de public européen.

Hier, tu avais un jour de « repos ». En as-tu profité pour visiter Paris ?

EPR : Pas vraiment… C’était un jour de promo. J’ai fait des interviews, des sessions live, … J’ai juste eu le temps d’apprécier un merveilleux dîner !

En tout cas, merci d’avoir répondu à mes questions, et bon concert !

EPR : Merci !

Remerciements à Eli ” Paperboy” Reed, ses musiciens (”The True Loves”), ainsi qu’à Julien et Romain (EMI).

Interview de eLZed

eLZed est l’une des bonnes surprises en cette année 2010.

Il n’est donc pas étonnant de retrouver Edouard, bassiste et chanteur du groupe eLZed, pour une interview afin d’en savoir encore un peu plus sur ce groupe généreux et étonnant.

Déjà pour commencer pourquoi ce nom Elzed qui s’écrit d’ailleurs d’une certaine manière ?

Edouard : Tu veux la version Hard Core ou la vraie version ? Si je te donne la version Core, je vais me faire engueuler par Margritt… Plus sérieusement, c’est un accident. Quand le groupe s’est formé, on a décidé de s’installer à la SMAc les Abattoirs de Bourgoin pour répéter. Locaux insonorisés, matos de qualité, technicien d’accueil, prix imbattables, la classe quoi ! Lors de notre réunion avec Christian, l’ancien régisseur des studios, il nous a demandé un nom pour résever les créneaux de répèt’… On s’est trouvé cons… Il nous a demandé un nom de groupe qu’on aimait, et Golgoth, toujours impétueux, a braillé Led Zep… Christian a inscrit LZ sur le planning. Quand six mois plus tard on a fait notre première scène au Millenium de l’Isle d’Abeau, le programmateur m’appellepour me demander le nom du groupe… Un peu pris de court, je lui ai dit eLZed… Avec un grand L et un grand Z, et les autres lettres en petit… C’est tout concon comme histoire, non ?

Le groupe dégage une musique très rock dans son ensemble mais aussi très festive. Est ce que ce choix artistique s’est imposé dès le début de l’aventure ?

Edouard : Vu nos influences communes, le rock s’est imposé d’emblée. La volonté d’avoir deux grattes, une basse, une batterie, et surtout de donner la part belle aux solos de guitare. Le solo de guitare, c’est gravé dans le rock, et ça a tendance à disparaître. Une volonté rétro donc, clairement assumée, qu’on nous reproche parfois, mais on s’en cogne, on assume. Après, le dealde départ du groupe, c’était composer 10 titres en 6 mois, faire une fête de la musique, et que chacun retourne à ses petites affaires. Du coup, je crois que sans se l’être dit, on avait plus envie de faire dans le festif, dans le pas prise de tête, dans le plaisir de jouer ensemble et s’éclater. C’est après qu’on a mûri le « concept », qu’on l’a intégré, qu’on revendique un « Yellow Rock », un rock ouvert sur le monde, sur la vie… Trop souvent, le rock des deux dernières décennies a été black ou dark, le genre Apocalypse, on va tous mourir, on est malheureux, … Nous, on avait envie d’un rock positif, qui va de l’avant. On préfère le rire au soupir, l’ironie au premier degré.

Peux tu nous parler des musiciens qui t’entourent et de votre rencontre ? On a vraiment l’impression que ce groupe est aussi une histoire d’amitiés……

Edouard : Je fais le beau parce que je répond à l’interview, mais c’est Golgoth qui a monté le groupe enfin de compte. A l’occasion de la fête de la musique 2005, j’avais dépanné un pote à la basse, et emmené avec moi Golgoth, mon petit cousin gratteux. Expérience peu concluante, mais Golgoth voulait qu’on monte un groupe. Rangé de la zik depuis un bon bout de temps, je n’étais pas très chaud. Puis quand quelques mois plus tard il m’a dit que Noisette, un vieux pote de lycée, était dispo et partant, ça a fini de me convaincre. Deux répèt’ plus tard dans ma cuisine à la gratte sèche, et le projet était lancé. L’histoire d’eLZed, c’est ça en fait au départ : trois vieux potes zicos autour de la trentaine, qui n’avaient jamais eu l’occasion de jouer ensemble, qui décident de se donner du plaisir pendant 6 mois… Résultat, quatre ans plus tard, on est toujours là, avec Margritt à la batterie qui nous a rejoint en janvier 2008, après le départ de Jé.

Aux niveaux des influences de chacun, quels artistes ou quels groupes retrouvent t’on ?

Edouard : Je crois que c’est ce qui fait la force du groupe, on a le rock en commun dans sa diversité. Golgoth est plutôt branché rock des seventies, blues, Noisette a une grosse culture métal, Margritt est très pop, et j’ai moi un mauvais penchant pour le punk. Ensuite il y a heureusement des valeurs communes, AC/DC par exemple, Iron Maiden, puis du côté de la France, les Téléphone des premières années, Trust, puis quelques artistes ”à textes” qui nous fédèrent, comme Renaud et Jean Ferrat. Après, des groupes locaux nous ont particulièrement impressionné scéniquement, et on a pioché dans leur énergie, que ce soit Tasmaniac, et surtout MaczDeCarpate. On comprend mal comment ce pur groupe de rock n’a pas tout explosé sur la scène rock frnaçaise …

Alors qui compose, qui écrit au sein du groupe ?

Edouard : Je vais de raconter une anecdote, une de mes plus grandes fiertés. A la fin d’un concert, je me fais aborderpar une charmante femme qui me dit qu’elle a trouvé le concert super, qu’elle adore mon univers, qu’elle le trouve cohérent, pertinent, et bla bla bli, et bla bla bla, … J’ai trouvé ça énorme car il se trouve que l’écriture et la compo sont très partagées dans le groupe. Il n’y a pas un auteur – compositeur, mais tout se croise, tout se mélange, et il n’y a pas de règles, même si chacun à son style. Noisette aime bien livrer des morceaux clés en main, avec Golgoth, on préfère travailler ensemble. De la même manière, le chant étant partagé, ce n’est pas parce que tu as écrit le morceau que tu vas le chanter. Le chanteur s’impose assez vite en répèt’ en fonction du morceau.

Quelle est l’ambition d’Elzed avec son premier album ?

Edouard : Conquérir l’univers !!!!!!!!!! Bah, eLZed, c’est avant tout du live, mais on avait envie de laisser au moins une belle trace de notre aventure musicale. La première ambition a été égoïstement de se faire plaisir en produisant un album qui nous correspondrait le plus, et dont on pourrait être fier. Ensuite, plus modestement, d’avoir un outil de qualité pour pousser l’aventure jaune le plus loin possible, et d’aller défendre cet album sur un maximum de scène !

Y’a sur ce 1eralbum une réelle envie de mélanger les genres avec une certaine cohésion. Comment composez-vous et comment arrivez-vous à passer d’un style à un autre dans une même compo ?

Edouard : La cohésion, elle tient surtout je crois aux sons de gratte. On essaye de faire attention à la complémentarité des jeux très différents de Noisette et Golgoth. Pas toujours facile, mais on essaye, avec l’idée d’une section rythmique présente au service des grattes. Ensuite, ben comme on est plus des perdreaux de première année, et que nos horizons musicaux sont finalement très variés, ben on aime bien passer d’un style à l’autre… intégrer un plan de zouk par exemple, oserune balade à la Scorpions, choisir des arrangements médiévaux ; ou jouerà fond la carte rock en saturant à fond les guitares. Aller du chant posé et mélodique de Golgoth à ma voix, plus braillarde et plus punk. On cherche à apporter cette diversité, pour qu’on ne s’emmerde pas en jouant, et en se disant que si on ne s’emmerde pas, le public ne s’emmerdera pas non plus. Après ce mélange de style et de genre nous dessert parfois, parce qu’on est difficile à mettre dans une case… On a été programmé comme rock festif, alternatif, comme groupe pop, souvent punk, et récemment comme chanson rock. La vérité est sans doute ailleurs, nous la seule étiquette qu’on revendique, c’est l’étiquette rock.

Peux t’on revenir aussi sur l’élaboration de l’album, où il a été élaboré, ….et avec quels moyens ?

Edouard : On a encore une heure devant nous ? A l’occasion d’un concert avec Noisette on avait été abordé par Raf Cartellier, qui avait aimé et nous avait dit que si un jour on faisait un album… Du coup, quand la décision de faire l’album a été prise, on s’est naturellement tourné vers lui. Tous, nous n’avions que peu de pratique du studio, on a donc réalisé une petite pré prod pour trier les morceaux, finaliser les arrangements, avec Christian au sein de la SMAc les Abattoirs, et avec Kik, le gratteux de Tasmaniac. Ensuite, direction le studio Cartellier, à Salaise sur Sanne, pour deux semaines de prise de son, avec Raf, un putain de magicien vaudoo, qui nous a beaucoup supporté et apporté. On a confié le mix à Rooms (ex bassiste de 109) et Dom (bassiste de Mme Olga). Pas mal d’allers – retours entre eux et nous pour arriver à JAUNE OU RIEN ! Big Up à Noisette d’ailleurs, qui a supervisé toute la réalisation artistique du skeud. Ensuite, au niveau tunes, ben c’est de l’auto prod via l’asso ERS. On a beaucoup joué pour gagner des sous, et on s’est mis à sec pour autoproduire l’album. Inch’allah on se remboursera le plus vite possible. Pas facile donc, mais finalement on est fier de ce qu’on a réussi à faire, parce qu’on l’a fait seul.

A quoi ressemble un concert de Elzed ?

Edouard : Chaud comme question. Allez je dirais une bonne dose d’énergie, une bonne dose de son, et surtout une sacrée dose de bonne humeur. On finit les concerts trempés, on est à fond, on essaye de mettre à chaque fois nos tripes, parce que c’est ça qu’on aime. On cherche cette communion avec les gens, on aime ça, et c’est pour ça qu’on adore les caf’ conc’, parce qu’on a les gens dans les yeux, et que le lien peut parfois être très fort, et c’est ça qui est bon ! Sur les grandes scènes, on a intégré une bande d’allumés doux – dingues aux concerts. Ils sont cing et transforment le live en carnaval. Ils vont de costumes en costumes, dansent, sautent dans le public, bref, ça explose de tous les côtés. Yellow Rock, à donf, prise de plaisir max pour donner un max de plaisir. Le plus grand kif pour nous, c’est quand on regarde les photos et les vidéos de concert, et qu’on voit les gens avec le sourire. Là, c’est bon !

L’album à l’odeur du plaisir et de la vie, parce qu’il dégage une réelle joie de vivre. C’est important pour vous de partager cela ?

Edouard : C’est même essentiel. On fait du rock, ça nous éclate, on aime ça. C’est notre vision d’eLZed, l’envie de dire aux gens qui viennent nous écouter : allez, ferme les yeux, oublie, laisse de côté la machine, mets toi en mode ”homme”, et viens partager ton humanité avec nous. Putain, c’est beau ce que je dis, non ? Mais c’est ça l’idée, le partage.

Y’a aussi la présence de textes souvent engagés ou responsables, sur l’écologie notamment. Que penses tu de l’état du monde ?

Edouard : C’est chaud. Je crois que l’idée c’est qu’il faut garder les yeux ouverts sur le monde. Sur ce qu’il peut devenir. Et que cette ”mission” incombe à chacun. C’est le sens de la Révolte, qui ouvre l’album. Pour que les choses changent, il ne suffit pas de le dire, il faut le faire, ou du moins essayer. Avec ”Hérissons”, c’est le même trip, l’idée de prise de conscience, c’est pour ça qu’on a choisi de faire une chanson sur ces bêtes là, une chanson second degré, mais avec l’idée finalement que ces bêtes représentent les victimes des sociétés capitalistes et industrielles. Elles disparaissent, tout le monde les trouve mignonnes, mais en même temps tout le monde s’en fout. Après, on ne veut pas donner de leçons. On vit parmi les sociétés les plus privilégiées de la planète, notre civilisation européenne baise la planète depuis presque 200 ans. Alors, de quoi se plaint t’on ? C’est pour ça qu’on a un peu de mal avec le ”dark”, et les chansons du style ma copine m’a largué je vais me suicider… On a plutôt envie de crier si ta meuft’as quitté en emmenant tes gosses, ben mon pote profite, c’est une renaissance, va promener ton zizi partout !

Pensez-vous déjà à l’après ”Jaune ou Rien” ?

Edouard : On va voir déjà ce que donne le premier, si on arrive à encore aller plus loin… Vers chez nous, ça commence à devenir sympa, vraiment, les gens adhèrent… On va de plus en plus loin se confronterà de nouveaux publics, et là aussi ça le fait… On a commencé à composer de nouveaux titres, une première série moins festive, marquée par notre séjour dans le désert marocain et la découverte de la culture nomade. Ce voyage nous a marqué, humainement. Donc on tarvaille pour une suite, en espérant qu’elle verra le jour …

Merci à toi, je te laisse le mot de la fin :

Edouard : Oki, à tous ceux qui vont me lire jusqu’au bout, un seul message : allez voir de la musique en live ! Il y a des putains de groupes dans toutes les régions de France qui se produisent souvent, tous les styles, dans toutes sortesde salle, mais c’est du spectacle vivant ! Pas une conasse de télé qui radote de la merde dans son coin, ou une radio décérébrée qui vomit les mêmes tubes à longueur d’ondes ! La musique, ça se vit live ! C’est là qu’il y a l’émotion ! Pas mal de petits lieux se bougent le cul, soutenez – les !

Et venez voir eLZed en concert !

Interview de Naïve New Beaters

Résumé : Découvre l’interview de Naïve New Beaters, une interview Rock’n’France publiée le 27-04-2010, ainsi que l’avis des internautes sur celle-ci. A ton tour, laisse un commentaire. Pour t’aider dans ton jugement, tu as la possibilité de découvrir un clip vidéo associé à cette rencontre exclusive avec Naïve New Beaters …

Après une partie de tennis en compagnie de son compère Eurobelix, David Boring revient avec nous sur le succès des Naive New Beaters (NNBs) : « Wallace new edition » à venir (le 3 mai 2010), tournée des festivals, 2ème album, … Entre le sérieux et la déconne, la frontière est souvent facile à franchir…

Bonjour David. Depuis maintenant 1 an, les NNBs ont du succès. L’album « Wallace » marche bien, vos concerts sont sold out. Beaucoup de gens vous aiment. Comment expliques-tu cela ?

David Boring : C’est difficile à dire… Parce qu’on est trop des bogosses !… En fait, je n’ai pas trop d’explication. C’est vrai qu’en live ça marche bien. Les concerts sont toujours cool. On a rarement eu des gens qui ont voulu se faire rembourser la place.

Peut-être que la musique « pop rappée avec des sentiments chaloupés » plait au public ?

D.B : Oui, ça plait.

Justement, d’où vous est venue l’idée de faire ce genre de musique ?

D.B : C’est pas vraiment une idée, c’est plus qu’on a tous les 3 des goûts un peu différents et on a essayé de faire quelque-chose qui nous plaisait. Il y en un qui veut que ce soit plus rock, ou un morceau est plus hip hop. Mais on arrive à un truc qui nous plait à tous les 3.

Grâce à cette musique vous faites beaucoup de scènes. Est-ce comme une drogue pour vous ?

D.B : Ouais, carrément ! Mais à la base on est pas un groupe de scène. Au début on disait : « mais comment on va faire pour faire des lives » ? Nous c’est plus des morceaux chez nous, à la maison. Et en fait le live a donné une autre dimension à notre musique. On a joué différemment. Et c’est un truc qui nous plait de plus en plus. Enfin moi à la base j’aime bien tout ce qui est « déconner en public ». Au final on est tous les 3 et ça marche parce qu’on s’amuse bien comme quand on fait les morceaux.

Quel a été le déclic ? Le moment où vous vous êtes dit « on va tourner en live, on va faire des albums » ?

D.B : Depuis le début ce qui nous motive c’est qu’on puisse retourner dans notre bled, à Los Angeles (David est né là-bas). C’est ça qui nous a motivé pour faire de la musique.

Et une fois à L.A, vous oublierez votre public européen et notamment français…

D.B : Ah bein non! On aura pas mal de miles et on pourra retourner quand on veut à Paris ! C’est pas un problème, t’inquiètes pas !

Avec un tel succès, vous n’avez pas trop de pression quant à la suite de votre carrière ? Vous risquez d’être attendus par vos fans…

D.B : On a toujours la pression! En plus, Eurobelix est pas mal endetté, il a fait un prêt étudiant qu’il n’a toujours pas remboursé… Et puis à un moment faudra faire un 2ème album.

Avant un 2ème album, une réédition de « Wallace » (« Wallace new edition ») est sur le point de sortir (le 3 mai 2010). Peux-tu nous la présenter ?

D.B : C’est comme un « Wallace » mais avec des « bonus Wallace » dedans ! Il y a 7 morceaux en plus. 2 inédits (« Worries » et « Snap ») qui sont 2 morceaux qu’on faisait en live de temps en temps. Il y a « Bang Bang » aussi, notre 1er morceau, qu’on a un peu refait « sauce 2010 ». Et il y a des remix qu’on avait sortis sur les EP et un remix d’Oxmo Puccino (« Tirer des traits »).

A propos de ce remix d’un titre d’Oxmo Puccino, allez-vous dans le 2ème album renouveler ce genre d’expérience, à savoir remixer des titres d’autres artistes ?

D.B : Disons qu’on n’est pas non plus des super remixeurs. Et puis là c’est plus parce que c’est une édition bonus. Sur un prochain album, c’est sûr il n’y aura pas de remix d’autres gens. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de featuring ou un truc comme ça.

Et ce 2ème album est prévu pour quand ?

D.B : Justement, on en parlait entre nous. On sait pas trop. Faudrait que d’ici la fin de l’année on ait plein de morceaux qui pourraient éventuellement faire un album. Ensuite, ça veut pas dire qu’on le sortirait l’année prochaine non plus. Le principal c’est d’avoir des morceaux qu’on aime. Le 2ème album c’est grave la pression !

Avec la succession des concerts, vous trouvez le temps de créer de nouveaux titres ?

D.B : C’est vrai qu’on est souvent en concert, mais dès qu’on est quelques jours à Paris on essaie de se pencher là-dessus. En mars par exemple, on n’avait pas accepté de concert pour avoir au moins un mois pour faire de nouveaux morceaux. Disons que c’est un peu comme quand on a fait « Wallace » : on faisait les morceaux dès qu’on avait un bout de temps. Ça n’a pas été une période de 3 mois où on s’est dit « faut faire un album ».

Et dans le groupe, qui fait quoi ? Quel est le rôle de chacun ?

D.B : Dans l’idée, on dit qu’on fait tout ensemble, même si il y aurait Martin et Eurobelix qui font un peu plus les instru et moi un peu plus les paroles. Parfois je joue de la guitare, Martin fait des beat, … On mélange un peu les trucs. C’est comme ça qu’on essaie d’être contents tous les 3 sur un morceau.

Arrête-moi si je me trompe mais dans les NNBs on peut dire qu’il n’y a pas 1 leader qui dirige un peu tout?

D.B : Non, c’est vraiment ça. Il n’y a personne qui a l’autorité de l’autorité. Il y a un leader, un président et un directeur et ils sont tous les 3 au même niveau.

On parle depuis tout à l’heure de David Boring, Martin Luther BB King et Eurobelix. D’où vous viennent ces pseudos ?

D.B : C’est venu biologiquement. C’est nos parents, issus des hippies, qui ont trouvé drôle de nous appeler comme ça. Et puis parfois on me dit que ça me va bien mon nom (« boring » signifie « ennuyeux » en anglais), surtout quand on veut que j’arrête de parler en fait.

Tu sais que tu as un homonyme ? Un personnage de BD qui s’appelle David Boring lui aussi ?

D.B : Oui, il y a un mec de BD qui nous a copié, c’est du plagia. On a mis notre tribu d’avocats sur le coup. Ils vont le faire couler, t’en fait pas !

Ce personnage est à la recherche de la « femme parfaite ». C’est aussi ton cas ?

D.B : Non, pas vraiment. Je l’ai déjà trouvée, c’est ma maman ! … C’est une jolie réponse non ?…

En même temps, il faut dire qu’avec le look que vous arborez cela ne doit pas être évident de plaire aux filles…

D.B : Il n’y a que les gens qui s’habillent comme nous à qui on plait. Donc ça fait pas beaucoup en fait… Il y en a un peu plus en Roumanie et en Pologne. (rires) Dès qu’on en trouve une, on la lâche pas.

J’ai lu sur le net que le seul à tirer son épingle du jeu avec les filles c’est Eurobelix… Tu confirmes ?

D.B : Ça c’est des rumeurs qu’il essaie de faire courir sur internet, mais il vaut pas un clou ! Il a fait un smack une fois, ça compte pas ! En plus on a jamais pu vérifier.

1 seul smack ? Le bilan est maigre…

D.B : On a vu un sein à Solidays. Mais pas 2 ! Ça m’a même déconcentré, j’ai raté mon couplet de « Live Good » !

Plus sérieusement, je parle avec toi depuis quelques minutes mais j’ai l’impression que je ne connais pas grand-chose sur toi. Les NNBs semblent garder une part de mystère. Or, dans l’album « Wallace » il y a une chanson qui s’appelle « Boring David » qui dit « mon père était un producteur de cinéma et j’ai toujours voulu être acteur, … ». Est-ce autobiographique ou pas du tout ?

D.B : Disons que c’est couci couça, il y a un peu des 2. A la base c’est un peu inspiré d’un fantasme que j’avais quand je vivais aux Etats-Unis. Je vivais à LA et c’est marrant parce que à LA tu demandes à n’importe qui, ils ont tous été acteurs ! C’est un peu de ce truc que je me rappelais quand j’étais petit.

Et finalement, tu n’es pas acteur mais chanteur. Tu estimes que tu as réussi ou tu entretiens toujours ce fantasme ?

D.B : Au final, c’est mieux ! En plus je voyage beaucoup plus ! En fait, j’ai toujours bien aimé me mettre en scène, faire le con. Au début, je me sentais pas bien. J’adorais la musique. J’ai fait 2 ans de piano : j’y comprends rien ! J’ai fait 5 / 6 ans de guitare : j’y comprends rien ! Au final, je me suis dit que le truc le plus marrant c’est de faire des tournées, faire de la musique.

Et puis tu as fini par trouver 2 amis à Paris et vous avez monté les Naive New Beaters. Vous voyagez pas mal en France, en Europe, et bientôt aux Etats-Unis…

D.B : On a déjà fait quelques dates à NY mais on a pas encore entamé le processus de conquête des Etats-Unis. On est en train de dérouler tout ça tranquillement. On prend le temps de bien s’installer en Europe. L’album sort en Angleterre en juillet et cet été on sera dans plusieurs festivals un peu partout en Europe…

David, je te laisse le mot de la fin pour les fans.

D.B : Déjà, on va essayer de pas vous décevoir. Et puis Happy Wallace à tout le monde !

Remerciements à David Boring et à Audrey (Cinq7).

Interview de We Are Enfant Terrible

Résumé : Découvre l’interview de We Are Enfant Terrible, une interview Rock’n’France publiée le 17-01-2010, ainsi que l’avis des internautes sur celle-ci. A ton tour, laisse un commentaire. Pour t’aider dans ton jugement, tu as la possibilité de découvrir un clip vidéo associé à cette rencontre exclusive avec We Are Enfant Terrible …

Suite à un rendez-vous manqué à la Cave aux Poètes mi-septembre, une nouvelle rencontre est organisée avec les trois sprites pixélisés de We Are Enfant Terrible. Quand sonorités 8-bits, guitares acérées et batterie funky se rejoignent pour notre plus grand plaisir. Nul besoin d’être 7ème dan à Double Dragon pour accrocher à l’univers « electro-rock-vidéoludique-old-school » de nos trois chenapans qui ne sont encore qu’aux premiers de leurs quatre cents coups sonores ! Interview en scrolling horizontal…

Pour commencer, petite présentation des trois chenapans pour les pauvres diables qui ne vous connaissent pas encore ?

Thomas : Ca c’est une question pour Clotilde !

Clotilde : Pas du tout ! Le principe est de se présenter chacun à notre tour… donc tu peux commencer si tu veux pour changer !

Thomas : … donc, je m’appelle Thomas…

Clotilde : Tu t’appelles Thomas comment ?…

Thomas : Je m’appelle Thomas Fourny…

Clotilde : Et qu’est ce que tu fais dans la vie ?…

Thomas : Je fais de la guitare dans We Are Enfant Terrible.

Clotilde : D’accord… moi je suis Clotilde et je chante dans WAET.

Cyril : Et moi je suis batterie et je fais Cyril dans WAET.

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Clotilde : Euh, avec Thomas, à l’école. Une fois j’étais arrivée en retard et du coup, j’avais oublié mon pull. Et là, Thomas est arrivé et il m’a dit : « tiens, tu as oublié ton pull »… et du coup, on est devenu super amis !

Thomas : Exactement ! En fait, elle l’avait oublié dans le bus 34 qui devait la ramener de la piscine. Et c’est là qu’on a rencontré Cyril, en allant chercher son pull dans le bus 34.

Vous aviez tous déjà eu un groupe avant ?

Clotilde : Moi non, personnellement, j’avais un groupe avec moi-même. Je mixais un petit peu, toute seule.

Thomas : Moi je faisais de la pop, après avoir fait du métal. Cyril faisait de la chanson, et après, il a commencé le 8-bits. (Ndla : la discussion embraye alors sur Chorus 50, fameuse chorale de Wavrin, qui, bien qu’ayant une actualité chargée avec ses 30 ans d’existence, nous éloigne un peu du sujet)

Comment vous est venue l’idée de jouer ensemble ?

Cyril : Alors ça, c’est Thomas qui répond parce que c’est lui qui nous a forcé !

Clotilde : Ouais, nous on voulait pas au départ, c’est lui qui nous a obligé !

Thomas : A l’origine, on faisait des morceaux depuis un an ou deux avec Clo (Ndla : 6 mois selon Clotilde).

Clotilde : En fait, on avait commencé des petits bouts de trucs qu’on faisait dans notre chambre, et on s’envoyait les fichiers en se disant : « tiens, moi j’ai fait ça, fais de la guitare dessus…etc », mais ça n’avait pas vocation à sortir de là. C’était pas très fini, abouti.

Thomas : Ensuite on a rencontré Cyril qui savait faire du 8-bit avec son logiciel, sur son ordinateur. L’idée est venue de prendre Cyril avec son savoir-faire de « 8-bititien » et de batteur, et puis de l’intégrer dans le groupe pour re-bidouiller les morceaux qu’on avait fait avec Clotilde et leurs donner la couleur qu’ils ont maintenant.

Et les premiers morceaux de WAET étaient nés ?

Thomas : C’est ça ! On était content en re-écoutant car on avait l’impression d’ avoir rarement entendu ça !

Justement, comment définiriez-vous WAET ?

Clotilde : Euh… les gens disent « 8-bits-electro-pop », un truc comme ça.

Cyril : Oui c’est ça… « electro-pop-rock-8-bit-funk-punk » …

Thomas : … core !

Cyril : Ouais, « core » c’est bien à la fin !

Thomas : Ouais, avec « core » c’est toujours mieux !

D’ailleurs, sur scène, votre son est plus « hardcore », enfin plus rock’n’roll. On a le sentiment que les guitares prennent le pas sur les consoles. Y-a-t-il une volonté de sonner un peu plus rock et un peu moins électro ?

Clotilde : Disons qu’on essaye de ne pas baser tous nos morceaux sur le 8-bits, ce qui est un peu le cas pour le moment.

Thomas : Pas complètement, on a déjà quelques morceaux ou il n’y a pas de 8-bits…

Clotilde : Mais c’est quand même la base du truc, le mélange d’instruments rock avec du son de jeux vidéos.

Thomas : C’est le point de départ de nos recherches sonores.

Clotilde : Mais on est fermé à rien et ouvert à tout !

Thomas : On peut imaginer éventuellement utiliser des chaises, des klaxons, ou des roues de vélos…

Clotilde : des chaises c’est chaud quand même !

Thomas : Enfin pour revenir au mélange dont on parlait, rock et 8-bits, c’est le prisme par lequel on entre dans nos recherches. Après ça peut aller vers d’autres consoles de jeux ou plus de guitare ou utiliser d’autres sons… utiliser des consoles plus récentes pourquoi pas. Encore que je ne suis pas trop fan de leurs sonorités !

Cyril : Ouais, moi la Megadrive je peux pas !

Thomas : Tu as raison ! Moi après la NES, j’ai décroché… musicalement en tout cas !

Et donc votre premier concert , en ouverture de Peaches, est arrivé très vite. Vous répétiez depuis combien de temps ?

Cyril : On a commencé à répéter en mai, et le concert tombait le 18 octobre. On devait jouer le 22 juin au Sonic, mais il a brûlé ! Au départ on s’était dit : « on se fait un petit concert dans un petit club pour se rôder… »

Thomas : Histoire de ne pas se taper une scène de 1500 personnes pour commencer !

Clotilde : Et bien finalement c’est ce qu’y est arrivé ! En même temps on ne pouvait pas refuser ! Mais on flippait !

Thomas : Et on ne leur a pas dit que c’était notre premier concert sinon ils ne nous laissaient pas jouer. On y a été un peu au bluff ! Et ça s’est très bien passé.

Clotilde : On avait 5 ou 6 morceaux. Ca a du être court mais nous ça nous a paru long !

Et depuis vous avez enchaîné beaucoup de dates en peu de temps ?

Clotilde : On a du en faire une soixantaine dans l’année.

Dont une mini-tournée en Chine ?

Cyril : Ouais, c’est pas là où on trouve les meilleurs salles, mais on s’est bien marré !

Clotilde : Moi ce que j’ai retenu surtout, c’est que Cyril pouvait dormir n’importe où dans n’importe quelle position !

Cyril : Mais ce qu’on a apprit de ces concerts, c’est qu’il faut se donner tout le temps à fond…

Thomas : T’as raison, et il faut jouer collectif, il faut donner le ballon…

Clotilde : Ouais, marquage à la culotte…

Thomas : … Et cacahuète dans la lucarne !

Pendant cette première année de vie de WAET, émaillées de tant de concerts, avez-vous trouvé le temps de composer ?

Clotilde : en fait, pas beaucoup. On a plus de temps maintenant justement. On travaillait tous aussi beaucoup à coté, donc on avait juste le temps de faire des concerts et on n’a pas beaucoup répété.

Cyril : Si, on a pas mal composé en fait, mais rien finalisé. On compose pas mal sur Gameboy, enfin, sur Nintendo DS et on a pas mal de trucs en cours. Donc en ce moment on a le temps de bosser sur ces morceaux là, on les joue ensemble.

Clotilde : On les fignole, on les travaille bien pour le live. On rajoute une couche de verni.

Le rédac’ chef des Inrocks aurait dit : « WAET va faire à la pop ce que Daft Punk a fait à l’électro ! » Un visionnaire ?

Clotilde : La phrase a été sortie de son contexte ! En fait il a dit « il faut » ! « Il faut qu’un groupe français fasse à la pop ce que Daft Punk a fait à l’électro ». Je pense qu’il souhaite qu’un groupe de pop français se fasse enfin remarquer. Mais il comptait sur nous et sur pleins d’autres groupes j’imagine ! Enfin si ça peut être nous, pourquoi pas…

Cyril : Et sinon moi j’ai un projet solo…

Funky Fingers ?

Cyril : Non ! … Chorus 50 ! Enfin oui c’est Funky Fingers…

Clotilde : Tu l’as vachement bien amené !

Cyril : Et j’ai une interview déjà écrite si tu veux, tu n’as qu’à la copier ! Pour pas t’embêter tu sais (Ndla : délicate attention)! Plus sérieusement, Funky Fingers c’est la partie 8-bits de WAET, moins pop, plus expérimentale, un peu entre la performance et la musique (Ndla : des bonnes vidéos sont disponible sur Internet). Et c’est comme ça que Thomas m’a invité dans son émission TV-web, Attic Addict qui capture des groupes de la région en vidéo. C’est comme ça qu’on s’est rencontré.

Ce qui me permet d’aborder Attic Addict ?

Thomas : Attic Addict me permet de faire passer ici (l’interview se déroule dans le fameux « attic ») un peu tous les musiciens que j’aurais envie d’examiner de plus prêt, et de piocher dedans, pour différent projets… C’est mon laboratoire humain… (Ndla : Thomas imite alors le rire d’une méchante sorcière…)

Pour revenir à WAET, sur scène vous ressemblez à un alliage réussi entre un coté « électro-nerd déjanté » et du rock sauvage et sexy. Il y a dans vos performances beaucoup d’intensité et de sex-appeal, mêlés à une urgence presque punk. Est-ce dû au fait que vous vous soyez retrouvés sur scène très rapidement, avec peu de préparation ?

Clotilde : Oui, justement, je pense que c’est ça ! comme on a pas eu le temps de trop réfléchir, tu sais, se dire : « alors là, faut faire comme ça, etc … », on l’a joué hyper naturel, sans se poser de questions. Et du coup on a peut-être trouvé des places qui nous convenaient, sans s’imposer quoi que ce soit et ça a marché ! Après, plus t’en fait, plus t’es a l’aise, plus tu kiffe, plus t’es à l’aise, etc… ! Alors tu te mets à faire des pirouettes, tu t’amuses et ça se voit !

Cyril : De toutes façons, le principal vient naturellement, après tu fignoles. Mais tu peux pas transformer quelqu’un en bête de scène juste en le posant là avec un micro !

Clotilde : En tous cas, moi personnellement j’avais jamais fait de scène comme ça, en groupe, donc je ne savais pas avant d’essayer ce que ça donnerai… finalement, aujourd’hui j’adore ça ! Même quand parfois avant un concert, ça me fait chier de monter sur scène, parce que je suis fatiguée ou que j’ai moins envie, une fois que le concert commence, tu oublies tout le reste et tu te lâches ! A ce moment là tu te sens bien et ça passe trop vite !

Thomas : … C’est comme se baigner… au début elle est froide, mais une fois que t’es dedans, elle est bonne ! Et là t’as plus envie de sortir !

Est-ce que vous êtes toujours à la recherche d’un label ?

Cyril : On a déjà notre petit label, PIL Records, qui nous convient. Très « do it yourself », sans attaché de presse, tout ça. Mais on a des bonnes conditions. On a la chance d’être ici, à Lezennes, qui est un vivier d’artistes en tous genres. Il y a des vidéastes, des graphistes, etc… beaucoup de potes. Du coup, beaucoup de choses se font sur la base de collaborations. Je pense qu’on n’a vraiment pas à rougir du travail qui est fait. Par contre, ce qu’on ne maîtrise pas bien c’est la com’. Et c’est plutôt dans cette optique là qu’on cherche un label. Mais sans se presser, on est en attente de la bonne personne, la bonne équipe avec qui collaborer. En attendant ici on a notre studio et on est en train d’enregistrer des nouveaux titres qu’on va sortir nous même, d’ici le début de l’année prochaine.

Sous quel format, maxi, album ?

Cyril : Ce sera format EP… pour l’album on attendra qu’il y ai des milliards de personnes en train de crier : « un album ! un album ! » (Ndla : Cyril imite très bien la foule en liesse réclamant un album…)… et là on sortira l’album ! On fonctionnerai plutôt comme le label anglais DC Recordings qui ne sortait que de l’EP avec ses groupes, jusqu’au jour où les gens en ont eu marre et ont réclamé un album. Donc, pour le moment, on est très bien sur le format EP. D’autant plus que c’est un format idéal pour la découverte. Et puis aujourd’hui, à l’ère de la dématérialisation de la musique, les gens écoutent de moins en moins d’albums complets et ont plutôt tendance a écouter telle où telle chanson. Donc l’album, ça se fera quand ça se fera. En tous cas le prochain maxi devrait sortir au premier trimestre 2010.

Vous disiez précédemment ne pas savoir communiquer. Pourtant un buzz s’est très vite crée autour de vous. Comment l’expliquez vous ?

Clotilde : C’est la force des blogs et d’internet. On avait pas forcément fait un plan de com’ très détaillé. On n’a pas eu beaucoup de presse écrite par exemple. Je pense que c’est par la force d’Internet que c’est arrivé et avec un peu de chance aussi. On a tout de suite était très actif sur Internet et sur les réseaux sociaux. On a tout de suite travaillé avec les blogs, en leur filant des morceaux. Et maintenant c’est un peu grâce a eux et Internet qu’on parvient a atteindre la presse écrite…

C’est aussi ce buzz lancé sur internet qui vous a permis de très vite trouver de bonnes dates ?

Cyril : ouais carrément, c’est tout à fait ça…

Que s’est-il passé, il y a des gens, des tourneurs, qui sont tombé sur vos morceaux ?

Cyril : En gros, il y a eu des leaders d’opinion qui ont dit : « ce truc là ça le fait ! ». Et ensuite des tourneurs nous ont appelé… et ça c’est fait hyper rapidement. En fin d’année 2008, on avait des tourneurs assez réputés au niveau européen, comme le tourneur de Radiohead, entre autres, qui se sont penchés sur notre cas. Ils nous ont appelé : « allô, ça vous intéresse de travailler avec nous ? » et là, on a dit : « ben… ouais !! »

Clotilde : Et pour le coup, je pense que c’est aussi l’état de l’industrie actuelle qui fait ça : les disques se vendent mal mais le live fonctionne bien. Donc les tourneurs recherchent beaucoup de groupes. Mais à l’inverse, les labels signent peu de groupes. Les gens téléchargent beaucoup mais vont toujours voir des concerts, peut-être plus qu’avant.

Cyril : Après, on a l’intime conviction que si tu fais de la bonne musique, avec le petit réseau de départ, tu n’as pas besoin d’attaché de presse ou je ne sais quoi. Il suffit d’avoir un site et deux, trois mecs qui font tourner tes morceaux. Ca diffuse tellement vite que si ce que tu fais est bon, les connections se font d’elles mêmes ! Et j’ai envie de te dire que si ça ne part pas, c’est que c’est pas assez bon. C’est un point de vue mais c’est aussi une réalité… c’est à dire que tu as des maisons de disques qui mettent des budgets de fou et qui se pètent les dents ! Moi ça me fait sourire parce qu’il y a une forme de vérité qui se révèle sur la musique en ce moment : c’est que plus que jamais, les mecs vont nous balancer du Star Ac’ et ça marchera pas autant. Ils sont en train de se rendre compte que faire des projets moyens parce que c’est « le fils de… », ça ne marche plus. Une des raisons à ça, c’est qu’aujourd’hui avec Internet, les gens commencent à choisir, alors qu’avec la télé, ils ne choisissaient pas. Là, on est en pleine révolution, on est en plein dedans, et c’est quelque chose d’hyper positif je pense. Sauf pour les maisons de disques qui sont incapables de s’adapter. Il n’y a vraiment qu’elles que ça fait flipper. Mais c’est pourtant normal, si tu sort de la merde, t’as beau avoir un attaché de presse monstrueux qui va te faire passer au 20H, au final ça ne sauvera pas le truc… et c’est tant mieux !

J’ai remarqué qu’un de vos morceaux était intitulé Wanda. Un hommage à Lio ?

Cyril : Oui, clairement !

Clotilde : C’est drôle que tu en parles parce que c’était bien marrant cette histoire !

Thomas : Il se trouve qu’à l’origine c’était un titre écrit pour Lio. Je la connaissais par un certain biais. Et puis le titre n’a pas été retenu ou a été perdu dans la nature, un truc comme ça. Mais les paroles n’ont rien à voir avec elle !

Interview de Snow Patrol

Q : Pourquoi avez-vous décidé d’enregistrer la moitié de l’album dans la campagne irlandaise, et le reste au studio Hansa de Berlin?

R : Nous voulions un contraste entre l’environnement rural de Grouse Lodge, qui est vraiment au milieu de nulle-part, où nous avons été séquestrés pendant sept semaines, et la vie urbaine effrénée. C’était un changement complet de rythme. Après six semaines passées à Grouse Lodge, aussi idylliques qu’elles aient été, nous commencions à stagner. En plus, notre producteur, Jacknife Lee, avait toujours voulu travailler à Hansa, et nous connaissions l’histoire des lieux, avec Bowie et toute la clique Krautrock des années 1970. ça nous a donné l’occasion de faire d’une pierre plusieurs coups.

 

Q : Avez-vous trouvé que vous faisiez des musiques très différentes dans les deux studios que vous avez utilisés ?

R : Il y avait assurément une attitude et une énergie très différentes à Berlin. Nous avions déjà enregistré en ville. Nous avons fait Final Straw à Londres, mais comme nous connaissions tellement bien cette ville, ça n’était pas particulièrement stimulant. Alors que Berlin représentait une nouvelle aventure. C’est un endroit incroyable et ça a eu un effet galvanisant sur le disque. C’est là que la plupart des chansons ont commencé à avoir un sens pour nous.

 

Q : Berlin était-elle l’objet du single, « Take Back The City »?

R : Et bien, croyez-le ou non, elle a été écrite à Grouse Lodge, et c’est une chanson inspirée par Belfast! Mais son âpreté vient de Hansa et de Berlin.

 

Q : En ce qui concerne le son, c’est un album très différent des deux derniers…

R : Oui, absolument. Nous avons passé trois ou quatre semaines dans les deux studios de Hansa, Hanza Ton et Hanza Platz. ‘Platz’ est celui où tous les grands enregistrements des seventies ont été faits et ‘Ton’ est situé deux étages plus bas, c’est généralement un studio consacré à la dance et à l’electro, c’était donc l’endroit parfait pour que Jacknife laisse libre cours à son imagination. Hansa Platz a conservé beaucoup de son vieux matériel. On ressent très fortement qu’une page importante de l’histoire de la musique y a été écrite. Mais c’est aussi un endroit relaxant pour travailler, parce qu’il y a beaucoup de fenêtres, beaucoup de lumière naturelle et une super énergie.

 

Q : L’énorme succès de votre dernier album, Eyes Open, a-t-il eu une incidence sur la façon dont vous avez abordé A Hundred Million Suns?

R : Je ne pense pas vraiment, autrement qu’en faisant partie du processus qui fait qu’en tant que groupe, nous nous sommes améliorés en ce qui concerne le travail en studio. Nous n’aimions pas du tout enregistrer. Je pense que cette dernière expérience a été notre plus heureuse. Nous avons vraiment fait le disque que nous avions l’intention de faire. Jonny, Nathan et Tom ont vraiment travaillé dur sur leurs instruments pour arriver là où nous avions besoin d’aller. Pablo est déjà un musicien très doué pour de nombreux instruments et j’ai passé plus de temps sur mes textes, je les ai revus de façon plus soigneuse que je ne le faisais auparavant, alors je pense qu’à nous tous, cette fois-ci, nous étions une formation musicale beaucoup plus forte. Jacknife s’est éclaté. Je pense qu’il va retourner là-bas avec d’autres groupes.

 

Q : Sentiez-vous que sur cet album vous deviez avoir un hit qui rivaliserait avec « Chasing Cars » ?

R : Nous adorons cette chanson et la liberté qu’elle nous a donné, mais ce que nous avons essayé de faire, cette fois-ci, c’était d’utiliser cette liberté de façon judicieuse plutôt que de nous pointer avec une autre chanson du même genre. Ça n’aurait eu aucun intérêt de revenir sur nos pas. Ça aurait été prudent, mais nous voulions faire un album qui serait un challenge, d’un abord plus difficile, pour nous et pour l’auditeur, que tout ce que nous avions fait auparavant. Eyes Open n’aurait pas pu contenir un morceau de 16 minutes comme « The Lightning Strike ». C’était une réaction positive à « Chasing Cars ».

 

Q : Où avez-vous écrit les chansons de cet album?

R : J’écris tout le temps. Nous avons choisi les vingt chansons que nous voulions enregistrer quand nous sommes allés à County Galway, et que nous avons habité dans une maison au bord du Lough Corrib pendant six semaines. Puis nous avons déménagé à Grouse Lodge

 

Q : Que pensez-vous de vos textes sur ce disque ?

R : C’est la première fois qu’on est si près de la date de sortie et que je ne veux pas changer quelque chose! Je pense que ce sont les meilleurs que j’ai écrit. J’ai essayé d’aborder plus de sujets cette fois-ci. Tous les autres albums parlaient principalement de ruptures.

 

Gary Lightbody à propos de A Hundred Million Stars, CHANSON PAR CHANSON

1 « If There’s A Rocket Tie Me To It » (S’il y a une fusée, qu’on m’y attache)

C’est un disque d’amour plutôt qu’un disque de rupture, mais aussi merveilleux que ça puisse être, c’est placé dans le contexte d’un monde qui est aussi terrifiant que beau. C’est pourquoi beaucoup d’images se réfèrent à l’espace. Comme dans ‘get us out of here’ (sortez-nous de là). Je ne pense pas que nous soyons condamnés, mais les ténèbres sont là, menaçantes, au-dessus de moi plutôt qu’en moi.

 

2 « Crack The Shutters » (Ouvre les volets)

C’est la chanson d’amour la plus pure que j’aie jamais écrite. Encore plus que « Chasing Cars ». Elle parle de s’abandonner avec délices et émerveillement à la beauté de quelqu’un qu’on aime de tout son cœur.

 

3 « Take Back The City » (Reprenez la ville)

Elle a été inspirée par Belfast et l’Irlande du Nord en général mais ça peut être au sujet de n’importe quelle ville et de la relation que chacun entretient avec l’endroit d’où il vient. Ça parle des raisons pour lesquelles j’ai grandi en ne comprenant pas bien mon pays et des raisons pour lesquelles je l’aime tant aujourd’hui. L’endroit d’où nous venons (et c’est parfois simplement en le repoussant) a un grand impact sur le type de personne que nous devenons.

 

4 « Lifeboats » (Canots de sauvetage)

Griff Rhys de Super Furry Animals est un de mes héros, c’est un maître des images abstraites et pittoresques et je suppose qu’il m’a inspiré la façon dont j’ai approché « Lifeboats ». Mes chansons passées étaient très enracinées dans le réel mais sur ce disque je me suis finalement éloigné de ce style, je me suis tourné vers mes rêves et j’ai légèrement déformé les images plutôt que de m’appuyer sur des détails spécifiques. Celle-ci, c’est un rêve que j’ai fait d’un arbre qui s’étendait comme des veines dans toutes les directions, vers le haut et vers le bas, à l’intérieur et à l’extérieur, et finissait par ressembler à de la glace noire craquelée. Vu d’au-dessus, ça dessinait la forme de mon corps et de quelqu’un d’autre, ce qui était un peu effrayant. Normalement, j’oublie mes rêves, mais j’ai noté celui-là.

 

 

5 « The Golden Floor » (Le plancher doré)

Les paroles sont explicites, c’est une chanson d’amour, mais les arrangements sont inhabituels. Ça a commencé avec moi à la guitare et au chant, et puis Jacknife a rajouté par-dessus cette batterie bizarre, ce qui voulait dire qu’au niveau du son, nous pouvions aller dans des endroits où nous n’avions jamais été auparavant. Le claquement de la caisse claire sur le refrain est produit par une plante géante.

 

6 « Please Just Take These Photos From My Hand » (S’il vous plaît, retirez-moi ces photos des mains)

C’est une anomalie sur ce disque, en ce sens que ça pourrait être interprété comme une chanson de rupture, mais c’est en fait au sujet de ma vie passée et de ces gens dont on trimbale les visages avec soi, des photos dans des boîtes. C’est moi perdant le fil de mon histoire. Je me faisais du souci au sujet de ma mémoire pendant l’enregistrement de ce disque parce que je semblais la perdre rapidement.

 

7 « Set Down Your Glass » (Pose ton verre)

Normalement, je ne mens pas, mais il y a un mensonge dans cette chanson. ‘I painted this’ (J’ai peint cela). Je ne peins pas. Mais ça sonne bien mieux que ‘I wrote this’ (J’ai écrit cela). Et c’est moins importun comme façon de dire à quel point ce moment et cette personne sont importants pour moi.

 

8 « The Planets Bend Between Us (For You) » (Les planètes s’inclinent entre nous (pour toi))

Aussi prosaïque que ça puisse paraître, cette chanson parle de ma maison en Irlande du Nord situé dans la Belfast Lough (l’anse de Belfast) à côté d’une petite plage. Il y a quelque chose d’incomparable à se trouver sur une plage en hiver, il n’y a personne d’autre, le vent souffle en tempête, il pleut en biais, et il y a quelque chose de rédempteur à crier dans le vent. Le vers de cette chanson ‘ a hundred millions suns’ (une centaine de millions de soleils) devait tout simplement d’être le titre de l’album. Il capture l’immensité de l’univers et notre position de minuscules points au milieu. Et ça exprime le gros son du disque et le ramène à ses véritables proportions.

 

9 « Engines » (Moteurs)

Celle-ci a été écrite à Galway. C’est encore une chanson d’amour mais qui concerne deux sentiments très différents, qui sont indiqués par la rigueur du couplet et la liberté du refrain. Les paroles du couplet semblent demander, exiger, que la musique s’ouvre et explose.

 

10 « The Disaster Button » (Le bouton désastre)

ça parle de perdre le contrôle de soi-même, aussi simplement que ça, vraiment. Je ne glorifie rien, c’est plutôt le contraire. Le personnage féminin est l’archétype du cool, du calme, qui aspire à quelque chose. Toutes les femmes dans mes chansons tendent à être comme ça, puisque c’est très souvent moi qui suis le contraire.

 

11 « The Lightning Strike » (La foudre frappe)

ça a été écrit en trois parties. Nous ne pouvons pas écrire une chanson de seize minutes juste comme ça, parce que ça demande un état presque zen pour y arriver sans perdre sa concentration ou devenir à moitié dingue, mais ces trois chansons marchaient si bien ensemble qu’il était évident qu’elles appartenaient au même morceau. Les cuivres et les chœurs de la première partie, « What if This Storm Ends », un grand moment, ont été enregistrés au studio Olympic de Londres. La section du milieu, « Sunlight », se passe au bout de la côte ouest de l’Irlande. La dernière partie, « Daybreak », a vraiment été influencée par Hansa. Elle possède ce balancement Krautrock hypnotique, et des guitares genre héroïques se pâmant par-dessus. Pour tout ça, c’est un final approprié pour le disque.

Interview de Peter Von Poehl

Ce grand gaillard nordique, imposant comme un viking mais doux comme un agneau, pourrait facilement se faire passer pour un grunge en activité mais contrairement aux apparences, la musique qu’il offre dans « Going To Where The Tea Trees Are » est d’une douceur à apaiser le plus nerveux des scandinaves. Ancien mercenaire de la scène française et plus souvent du réseau Tricatel (Houellebecq, Valérie Lemercier, AS Dragon), sa carrière a décollée à partir d’un simple 45 tours pressé en vinyle qui lui a permis de se faire reconnaître comme un artiste à part entière, et non pas comme un second couteau abonné aux fonds de scène. Véritable compte de fée qui dure maintenant sur la totalité de son album.

Cela me fait plaisir de vous voir à Lille, je trouve que cette ville vous ressemble ?

Peter Von Poehl : «C’est vrai, je me sens très à l’aise ici. J’habite à Berlin et je trouve que c’est très proche, à une échelle moindre. J’adore l’architecture des villes du Nord.»

Ca fait longtemps que vous sillonnez les salles de concerts derrière d’autres comme Burgalat ou Houellebecq, était-ce facile d’être sur le siège passager et non pas à la place du conducteur ?

Peter Von Poehl : „ C’est bizarre parce que j’ai vraiment fait attention pour éviter justement d’en arriver à penser ça…mais à un moment donné c’est plus fort que toi… L’activité d’employé dans la musique, c’est quelque chose que je fais depuis pas mal de temps. J’ai fait beaucoup de projets avec Burgalat, j’étais content de faire ça. Mais à un moment donné, j’ai eu l’idée de faire un disque à moi. Au départ je partais dans le studio où je vais tout le temps en Suède quand j’avais un peu de sous pour enregistrer 2-3 chansons avec mon pote Christopher. Il y a 4 ans j’avais un grand nombre de chansons que je trouvais magnifiques, mais qui n’ont pas trouvé preneur. Finalement je me suis rendu compte que ce n’était pas si facile de devenir artiste à part entière. Je me suis donc dis, tant pis je vais bosser uniquement pour les autres. J’adore faire ça car tu as tous les bon côtés et pas du tout les trucs chiants… et surtout on est en quelque sorte déresponsabilisé. Quand tu vois la production de disque, tu te dis que tu n’as aucune raison d’enregistrer le tien et qu’à partir du moment où tu gagnes bien ta vie derrière quelqu’un d’autre pourquoi vouloir se faire mal ? (rire)»

 

Alors pourquoi ?

Peter Von Poehl : „C’était frustrant cet échec tout de même… J’en parlais parfois à des amis, il y a un pote un jour qui m’a proposé de jouer à la guitare mes propres chansons, mais je ne voyais pas l’intérêt. C’est vrai : seul à la guitare : c’était déjà pris par des gens qui l’ont fait dans le passé et de manière beaucoup plus impressionnante que moi, je me disais qu’il vallait mieux rester sur eux que sur moi ! »

Vous étiez trop modeste ?

Peter Von Poehl : «Même pas (rire) j’étais plutôt réaliste ! finalement j’ai fait ces concerts en toute discrétion, de manière simple, c’était très flippant mais franchement je le remercie beaucoup, car cela m’a aidé à trouver de quoi mon disque allait parler, quelles allaient être les chansons et leurs styles. Il m’a fallu passer par plein d’étapes pour pouvoir arriver à sortir ce disque. Je n’avais vraiment plus d’autres choix, il me fallait tenter le truc.»

C’est une question de choix ou c’est poussé par l’écho de fans sur les blogs et sites internet musicaux qui ont entendu ce single sorti de nulle part, que tu ne destinais peut être pas aux médias et qui offre d’ailleurs le titre à ton album ?

Peter Von Poehl : „ C’est curieux quand tu penses que pour ma part je n’avais sorti qu’un 45 tours. Quand tu sais que le format vinyle est le moins compatible avec le monde d’internet et que tu te retrouves à recevoir des mails de partout jusqu’en Californie pour commander ce disque, tu ne comprends vraiment plus rien (rire). Apparemment de nombreux DJ dont les plus célèbres, avaient trouvé mon petit disque et en étaient totalement fous ! Mais j’avais déjà enregistré tout le disque avant que ce titre ne passe en radio. Cela n’a rien changé à l’idée de le faire ou pas.»

Est ce que votre disque est un doux descendant de la maison de Carl Larsson à Sunborn ?

Peter Von Poehl : „C’est marrant que tu parles d’eux, je suis assez fan de toute cette bande de peintres suédois. C’était assez violent leur rapport à la peinture, ils étaient capables de se faire du mal pour arriver à leur but. Je t’avouerais que j’ai un peu le même rapport avec la musique. Je comprends leur démarche. Ce disque est en plus la recherche en quelque sorte d’une maison. J’ai travaillé avec Vincent Delerm et son père a justement écrit un livre sur ces peintres.»

Vincent Delerm dit de vous que vous lui laissiez le droit à l’erreur, êtes vous d’accord ?

Peter Von Poehl : „En studio je fais tout pour ça. Dans le processus je fais tout pour être dans le naturel et l’instinctivité. Si ce n’est pas bien on le refait, si c’est bien on le garde. Vincent était très choqué au début. Tous ses précédents disques étaient très écrits. Moi je ne fais pas de maquette. Mes musiciens n’entendent jamais rien de la musique du chanteur avant de rentrer en studio. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de rester des semaines à tergiverser. Pour moi ce n’est pas bon ! (rire)»

Vous ne vous voyiez pas au sein d’AS Dragon, c’était trop cadré rock pour vous ?

Peter Von Poehl : «J’étais surtout dans AS Dragon pendant leur période backing band, lorsqu’ils étaient derrière Houellebecq ou Burgalat lui même. Parallèlement je travaillais sur d’autres projets personnels. A un moment donné, ils ont voulu faire un vrai groupe. Moi je ne désirais simplement pas du tout faire ça.»

Quand on écoute votre disque, on ne sait jamais si le son est organique ou s’il est tiré d’un ordinateur ?

Peter Von Poehl : « Il n’y a pas un seul synthétiseur. En l’occurrence il n’y a que des instruments électriques et mécaniques. Sur la pochette tu vois un travail de ma sœur. C’est un dessin d’1mètre 70 et elle a vachement ce côté de quelque chose qui est à la fois industriel car les flèches sont toutes pareilles mais quand tu regardes de près tu vois quelque chose de bancal. J’aime ce sentiment de regarder quelque chose de loin qui paraît évident comme mes chansons qui font toutes 3 minutes 30, le format idéal d’une pop song à la con en premier plan, le format le plus basique et ensuite quand tu te rapproches tu te rends comptes que c’est beaucoup plus bizarre et étrange.»

 

Vous avez aussi un rapport particulier avec les cuivres, ils font ressortir le disque dans vos origines nordiques ?

Peter Von Poehl : « Au départ tous mes arrangements partaient dans tous les sens. Mais au final tout le texte parle de la même chose. J’ai un drôle de rapport avec mon pays. Je n’y vis plus mais j’y suis toujours, ce n’est pas ma maison mais je le connais hyper bien. Mon disque était une sorte de fantasme de ma patrie. Les cuivres c’est l’armée du salut suédoise, dans les mélodies tu retrouves les chants de Noël que je chantais à la choral de l’école quand j’étais gamin. Une tradition de chants populaires qui m’a téléguidé lors de l’enregistrement.»

Ce disque doit être difficile à transposer sur scène ?

Peter Von Poehl : «C’est franchement pas évident mais au final on s’en fou un peu, tu peux le jouer à la guitare ou avec une tonne de monde. Dans la tournée là avec Phœnix c’est une petite formation à 4 : bassiste, saxophoniste, un organiste et un batteur et moi bien sur (rire).»

 

Le Mummenschanz (musicien bouffon itinérant) est-il satisfait aujourd’hui ?

Peter Von Poehl : «Au départ je voulais appeler le disque de cette manière. C’est un peu Dylan. C’est hyper sain comme démarche de savoir que ce n’est que de la musique et qu’il n’y a pas d’enjeux primordiaux derrière mais juste de bonnes chansons.»

En concert le 20/10 à Lille : Maison Folie Wazem ( + Phoenix )